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02/11/2012 09:57 EDT | Actualisé 02/01/2013 05:12 EST

Soldats exécutés en Syrie: le CNS appelle les rebelles à rendre des comptes

Le Conseil national syrien (CNS), la principale coalition de l'opposition syrienne en exil, a appelé les rebelles à rendre des comptes, au lendemain de la diffusion de vidéos montrant des insurgés frappant une dizaine de soldats blessés avant de les achever à l'arme automatique.

"Nous exhortons l'Armée syrienne libre et les mouvements qui animent la révolution sur le terrain à demander des comptes à quiconque viole les droits de l'Homme", a déclaré à l'AFP Radif Moustapha, en charge des droits de l'Homme au sein du CNS, après que l'ONU a évoqué un possible "crime de guerre".

Il a toutefois souligné que, selon lui, "les crimes des combattants de l'opposition (étaient) sans commune mesure avec ceux du régime".

Qualifiant le conflit de "très complexe", il a dénoncé des cas de "vengeances individuelles", appelant "la communauté internationale, le CNS et l'ASL à prendre des mesures pour résoudre ce phénomène" des violations.

"Si nous restons silencieux (face à cela), ces violations graves vont augmenter", a-t-il poursuivi, rappelant que les principes de la révolution étaient "la liberté, la dignité et le respect des droits de l'Homme".

Jeudi, au moins 28 soldats syriens ont été tués au combat ou froidement exécutés jeudi dans des attaques rebelles sur trois barrages militaires près de Saraqeb, dans le nord-ouest de la Syrie, a rapporté l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Une vidéo diffusée par des militants montre des rebelles frappant une dizaine de soldats blessés, avant de les aligner sur le sol et de les achever. Avant d'exécuter un prisonnier, un rebelle lui lance: "Ne sais-tu pas que nous appartenons au peuple de ce pays?" Terrorisé, le soldat répond: "Je jure au nom de Dieu que je n'ai pas tiré".

"Au même titre que l'Observatoire dénonce les exécutions dans les prisons du régime, il refuse celles de prisonniers de guerre par les rebelles", a dénoncé à l'AFP le directeur de l'organisation, Rami Abdel Rahmane.

Le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'Homme a dénoncé ce qui constitue "très vraisemblablement un crime de guerre" et Amnesty International a condamné des images "choquantes d'un crime de guerre potentiel".

Des agences et des responsables onusiens, ainsi que des ONG internationales, ont déjà accusé régime et rébellion de "crimes de guerre et contre l'Humanité" après près de 20 mois d'un conflit dévastateur qui a fait, selon l'OSDH, plus de 36.000 morts.

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