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02/11/2012 10:11 EDT | Actualisé 02/01/2013 05:12 EST

L'équipe d’Obama mise sur le ciblage des électeurs avec son "projet Narval"

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L'équipe d'Obama mise sur le ciblage des électeurs avec son "projet Narval" (ENCADRE)

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WASHINGTON, 2 nov 2012 (AFP) - Défendre le droit à l'avortement auprès des femmes célibataires ou faire passer le programme de Barack Obama en matière d'énergie aux écologistes: avec le "projet Narval", les démocrates ont mis sur pied une base de données sophistiquée pour cibler leurs électeurs potentiels.

Le coeur du projet Narval, du nom de ce cétacé surnommé la licorne des mers, se trouve au quartier général de Barack Obama à Chicago.

Là, derrière un mur orné d'une image du cétacé, comme l'a rapporté Newsweek, des dizaines de petites mains travaillent sur les données récupérées pendant la campagne de 2008, sur le terrain et grâce au site web de campagne. Ils croisent ces informations avec les données glanées en 2012, notamment sur les réseaux sociaux, pour connaître les centres d'intérêt des amis de sympathisants.

L'objectif ? Constituer une base de données unique pour connaître au mieux les électeurs potentiels que les militants d'Obama vont ensuite cibler, par mail, sur Facebook ou à l'occasion d'un porte-à-porte à l'autre bout de l'Amérique. Et ajuster le message en fonction du profil de l'électeur ciblé.

"Quand vous faîtes du porte-à-porte pour Obama, si vous savez à l'avance, grâce aux données collectées en amont, que derrière la porte il y a un père de famille dont la femme milite contre l'avortement, qui a un permis de chasse, une arme et un 4x4, vous savez qu'il y a de bonnes chances pour que vous perdiez votre temps", explique à l'AFP Benoît Thieulin, l'ancien monsieur internet de Ségolène Royal en 2007 qui a écrit un rapport sur la campagne d'Obama sur internet en 2008 pour le think tank Terranova.

"Par contre si vous savez que c'est un professeur, qu'il milite pour les droits civiques et qu'il est hispanique, vous savez que ça vaut le coup d'aller le voir et que si vous lui envoyez un prof hispanique, il y a encore plus de chance de le convaincre d'aller voter" pour Obama, explique-t-il.

L'équipe de campagne de Barack Obama ne communique pas ou peu sur ses secrets de fabrication. Harper Reed, le responsable de cette base de données à Chicago a juste indiqué au site web du magazine Mother Jones que l'objectif de l'opération était de faire de la technologie un "multiplicateur de force".

"Cette année, l'enjeu ce sont les données. Et les données, Obama les a. Quand une course s'annonce aussi serrée que celle-ci, ce genre de petit avantage peut tout à fait faire la différence", a déclaré à Politico Andrew Rasiej, expert qui travaille sur les questions de technologies et démocratie.

"L'équipe d'Obama a mis au point des newsletters très spécialisées qui vous sont envoyées en fonction de votre situation géographique, des thèmes qui vous intéressent, du niveau de vos études", explique Amy Mitchell, directrice adjointe du centre de recherche sur le journalisme de l'institut Pew.

"L'équipe d'Obama cible très fort, celle de Romney est plus standardisée même s'ils viennent de prendre des mesures pour être un peu plus précis", dit-elle.

Sur Facebook, les républicains viennent par exemple de lancer l'application "Commit to Mitt" qui balaye le profil des amis de sympathisants pour sélectionner ceux qui sont le plus influents et proposer de leur envoyer un message, décrit le site Mashable. La réponse au projet Narval.

sj/jca

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