Gabriel Nadeau-Dubois porte sa cause en appel

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L'ex-porte-parole de la Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE) Gabriel Nadeau-Dubois annonce qu'il portera en appel sa condamnation pour outrage au tribunal par la Cour supérieure du Québec.

Le juge Denis Jacques, de la Cour supérieure du Québec, l'a reconnu coupable d'avoir violé une injonction du tribunal lors du conflit étudiant, le printemps dernier.

Rappelant que les propos qu'il a tenus au cours du printemps dernier n'étaient pas les siens, mais bien ceux de dizaines de milliers de personnes opposées à la hausse des droits de scolarité, M. Nadeau-Dubois a expliqué que tout ce qui arrive maintenant n'est que la conséquence d'une stratégie politique orchestrée par l'ex-gouvernement de Jean Charest.

« L'ex-gouvernement libéral a volontairement fait durer ce conflit-là pour engranger des points électoraux et c'est à cause de cette stratégie politique que le conflit s'est autant transporté devant les tribunaux », a déclaré l'ex-porte-parole de la CLASSE, avant d'annoncer qu'il portait en appel le jugement prononcé contre lui.

D'après M. Nadeau-Dubois, le juge se trompe lorsqu'il l'accuse d'avoir « prôné l'anarchie ». Une accusation que rejette l'ex-porte-parole de la CLASSE.

« Un dangereux précédent »

S'il porte cette cause en appel, ce n'est pas uniquement pour lui, affirme Gabriel Nadeau-Dubois, mais aussi pour éviter qu'un précédent soit créé.

Un précédent dangereux, selon lui, qui ferait en sorte que dorénavant, les porte-parole de mouvements étudiants, syndicaux ou de mouvements citoyens aient peur de s'exprimer par crainte de se retrouver en prison.

Collecte de fonds

Conscient que les frais juridiques liés à ses procédures d'appel pèseront lourd dans les caisses de la CLASSE, qui se dit prête néanmoins à les assumer, Gabriel Nadeau-Dubois a lancé « un appel à la solidarité » pour l'aider à financer les procédures d'appel qu'il entame.

Des dons peuvent être faits sur un site Internet ouvert à cette fin.

À l'origine de cette affaire

C'est un étudiant en arts plastiques de l'Université Laval, Jean-François Morasse, qui est à l'origine de cette poursuite. Il accusait Gabriel Nadeau-Dubois d'avoir incité les étudiants à ne pas respecter l'injonction qu'il avait obtenue pour assister à ses cours lors du conflit étudiant.

Le juge Jacques a conclu dans son jugement que l'ex-leader étudiant a effectivement « eu l'intention d'inciter les gens à contrevenir aux ordonnances rendues par la cour ». Il souligne également qu'en tenant ses propos, Gabriel Nadeau-Dubois « a porté une atteinte grave à l'autorité des tribunaux ».

Sur les ondes du Réseau de l'Information (RDI), le 13 mai dernier, Gabriel Nadeau-Dubois aurait laissé entendre qu'il était légitime que des étudiants mettent en place des piquets de grève pour empêcher ceux qui avaient obtenu des injonctions de pénétrer dans les salles de cours.

« Je crois qu'il est tout à fait légitime pour les étudiants de prendre les moyens de respecter le choix démocratique qui a été fait d'aller en grève », avait déclaré Gabriel Nadeau-Dubois.

« Donc nous, on trouve ça tout à fait légitime là que les gens prennent les moyens nécessaires pour faire respecter le vote de grève et si ça prend des lignes de piquetage, on croit que c'est un moyen tout à fait légitime de le faire », avait poursuivi le porte-parole de la CLASSE.

Jean-François Morasse s'est dit heureux du jugement, mais désolé d'avoir dû judiciariser le débat pour obtenir ses droits.

Quant à Gabriel Nadeau-Dubois, il s'expose à une peine d'emprisonnement pouvant atteindre un an et à une amende maximale de 50 000 $.

Léo Bureau-Blouin préoccupé par la judiciarisation du conflit étudiant

L'ex-président de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) Léo Bureau Blouin s'est abstenu de commenter le cas spécifique de Gabriel Nadeau-Dubois, expliquant que la cause est toujours devant les tribunaux.

Il s'est cependant inquiété de constater la judiciarisation du conflit étudiant. Il s'agit, selon lui, d'une première au Québec et peut-être même dans le monde.

« Je pense que personne n'aime voir des situations comme celles vécues au printemps dernier sur les lignes de piquetage. L'ancien gouvernement libéral a choisi l'attitude de la confrontation avec les jeunes et a ainsi creusé un fossé entre la jeunesse et le reste de la société », a écrit Léo Bureau-Blouin vendredi sur sa page Facebook.

Léo Bureau-Blouin y assure que le Parti québécois « n'empruntera pas cette voie », car son parti, écrit-il, est celui de la discussion et de la concertation.

Rappelant que « le droit de grève des étudiants au Québec n'existe que par les moeurs et pratiques historiques », l'ex-président de la FECQ conclut que les Québécois auront une importante réflexion à faire lors du prochain sommet sur l'enseignement supérieur.

La condamnation de GND en 10 tweets

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