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02/11/2012 10:44 EDT | Actualisé 02/01/2013 05:12 EST

A Manhattan, mêmes les ferrys sont pris d'assaut pour aller travailler

Depuis le passage du cyclone Sandy, venir travailler à Manhattan est un cauchemar qui prend des heures pour les New-Yorkais, et même les ferrys sont pris d'assaut.

En l'absence de métro - totale puis partielle-, de trains de banlieue et de certains tunnels qui, ensemble, permettent à des millions de New-Yorkais de rejoindre leur lieu de travail, la plus grande métropole américaine est confrontée depuis quelques jours à des embouteillages monstres.

La réouverture en milieu de semaine d'un service de ferry sur l'East River reliant les quartiers de Brooklyn et du Queens à Manhattan, a redonné espoir à beaucoup.

"Je guettais cette nouvelle depuis hier", raconte Gavin Manly, jeune publicitaire, rencontré dans une file d'attente au bord de l'eau. "Quand j'ai vu ça vers 06H00 du matin sur Facebook, je me suis mis en route" pour rejoindre le point de départ du bateau, l'East River Ferry.

Après 10 km de marche depuis le sud de Brooklyn jusqu'à la station "North Williamsburg", Gavin a traversé le fleuve en 10 minutes pour 4 dollars, avant de rejoindre la station située sur la 34e rue, à 15 minutes de son bureau à pied.

"Sans ce bateau, je ne sais pas ce que j'aurais fait", dit-il.

Casey McDevitt, qui travaille pour le réseau social Facebook à Manhattan, devait se rendre à une réunion de travail à la mi-journée. Il avait d'abord pensé à la voiture.

"Mais depuis que (le maire de New York, Michael) Bloomberg a exigé que l'on soit au moins trois pour traverser les ponts de la ville, c'était compliqué. J'ai mis des annonces dans mon immeuble pour un co-voiturage mais personne n'a répondu. Le bateau était ma seule option", confie-t-il.

Desservant en temps normal près de 10 stations le long de l'East River, le NY Waterway's East River Ferry a mis en place un itinéraire simplifié et des bateaux tous les quarts d'heure en heures de pointe de 07H00 du matin à 18H00.

Jeudi soir, jusqu'à 2.000 personnes, selon la police new-yorkaise, patientaient sur la 34e rue, formant une file d'attente de plusieurs centaines de mètres, dans l'espoir d'embarquer et de rentrer chez eux.

"C'est complètement fou! Je n'ai jamais eu affaire à quelque chose comme ça", avoue Chris Radditz, un employé de l'East River Ferry, l'air débordé. "On a pourtant rempli tous les bateaux au maximum, jusqu'à 144 passagers environ. Mais les gens sont tellement frustrés!"

Pour prévenir tout débordement, plusieurs voitures de police sont stationnées à proximité.

"C'est fini! Cela ne sert à plus rien d'attendre!" lance un policier à des centaines de personnes attendant encore d'embarquer à la tombée de la nuit.

"Mais pourquoi arrêtent-ils si tôt!", s'énerve un homme d'âge mûr. "Vous voulez qu'on rentre en kayak ou quoi?".

"Je ne sais pas nager", ironise un autre.

"C'est un ordre des gardes-côtes" essaie d'expliquer un officier de police.

Des débris traînent dans l'eau depuis Sandy, et traverser dans la nuit est trop risqué.

"Il fallait s'y attendre", relativise un jeune homme, revêtu d'un pull à capuche, qui comme tant d'autres ne pourra pas prendre le dernier ferry du soir. "On vient juste de se taper un ouragan. Le bateau, c'est bien, mais fallait pas rêver".

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