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01/11/2012 01:07 EDT | Actualisé 01/01/2013 05:12 EST

Tempête Sandy: la frustration et l'impatience gagnent les New-Yorkais

NEW YORK, États-Unis - La frustration et l'impatience commençaient à gagner les New-Yorkais jeudi, trois jours après le passage de la tempête Sandy qui a fait au moins 90 morts aux États-Unis. Des embouteillages de plusieurs kilomètres engorgeaient les ponts, des milliers de personnes attendaient impatiemment un autobus pour se rendre à Manhattan et des affrontements ont éclaté aux stations-service.

Le bilan de la tempête a été porté à 38 morts seulement à New York. Parmi les victimes figurent deux petits garçons de 2 et 4 ans qui ont échappé aux bras de leur mère avant d'être emportés par les flots.

Au New Jersey, de nombreux résidants ont été autorisés à revenir dans leurs quartiers jeudi, pour la première fois depuis que Sandy a ravagé la côte de l'État. Atlantic City faisait toujours l'objet d'une évacuation obligatoire.

Plus de 4,6 millions de foyers et entreprises de la région étaient toujours privés d'électricité, dont environ 650 000 à New York et dans ses banlieues. La société électrique Consolidated Edison a indiqué que l'électricité devrait être rétablie partout à Manhattan et dans certains secteurs de Brooklyn d'ici samedi.

Dans des quartiers sombres, des résidants se déplaçaient avec des lampes frontales et des lumières de vélo accrochées à leurs vêtements.

Le maire de New York, Michael Bloomberg, a annoncé que les autorités municipales distribueraient de l'eau embouteillée et des repas préparés au cours du week-end dans les quartiers les plus touchés. Mais certains New-Yorkais étaient de plus en découragés après des jours sans électricité, sans eau et sans chauffage.

«C'est sale et ça devient un peu fou ici», a déclaré Michael Tomeo, qui s'apprêtait à monter dans un autobus pour Philadelphie avec son fils âgé de quatre ans. «On n'a pas vraiment envie d'être dehors la nuit. Il fait vraiment noir. J'en ai vraiment assez.»

Rima Finzi-Strauss a décidé de prendre un autobus pour Washington. Quand l'électricité a été coupée lundi soir dans l'édifice où elle vit dans le Lower East Side de Manhattan, la porte de sécurité électronique de l'édifice a été désactivée.

«La nuit dernière, trois hommes ont passé la nuit dans le hall avec des bougies, et des gens vraiment menaçants passaient devant, dans la noirceur la plus complète, a-t-elle raconté. Tout le monde s'en va. Ça rend la situation encore pire.»

Le désespoir commence à gagner les New-Yorkais même si le métro a recommencé à fonctionner, après une interruption de trois jours. Les transports en commun ont été rétablis dans la majeure partie de la ville, mais pas dans les secteurs les plus touchées de Manhattan et de Brooklyn, où les tunnels sont toujours inondés.

Les ponts permettant d'accéder à Manhattan ont rouvert, mais la police surveillait les voitures qui entraient pour s'assurer qu'elles transportaient au moins trois personnes, comme l'a exigé le maire. La mesure visait à soulager la congestion, mais elle semble avoir eu l'effet contraire. Des automobilistes se sont retrouvés coincés dans des embouteillages de plusieurs kilomètres, et certains ont rapporté que des gens étaient sortis de leur voiture pour se disputer avec les policiers.

Avec seulement un service partiel dans le métro, les lignes d'autobus ont été débordées. Plus de 1000 personnes se sont alignées devant un aréna de Brooklyn pour prendre un autobus pour Manhattan. Tout près, des centaines d'autres personnes se massaient sur le trottoir.

Quand un autobus est finalement arrivé, les passagers se sont précipités vers la porte. Un employé des transports en commun a cogné contre la fenêtre de l'autobus, a crié contre les passagers à l'intérieur puis contre les personnes qui faisaient la file.

Plusieurs stations-service de New York étaient toujours fermées jeudi. De longues files d'attente se sont formées devant les rares stations ouvertes.

À une station-service de Coney Island, environ 100 voitures étaient alignés. Les automobilistes klaxonnaient et s'invectivaient. Un employé a déclaré qu'il s'était fait cracher dessus et que quelqu'un lui avait lancé du café.

Une station de Brooklyn avait installé une affiche «Pas d'essence», mais des automobilistes faisaient la file après avoir entendu dire que de l'essence s'en venait.

«Je suis coincé ici depuis cinq jours», a déclaré Stuart Zager, qui tentait de quitter Brooklyn pour se rendre en Floride. «Avec un réservoir rempli à moitié, je n'y arriverai pas.»

Certains responsables publics ont aussi exprimé leur exaspération.

James Molinaro, président de l'arrondissement de Staten Island, a suggéré aux citoyens de ne pas donner d'argent à la Croix-Rouge parce que l'organisation «n'est visible nulle part».

«Nous avons des centaines de personnes dans les abris d'urgence à Staten Island. Quand les abris fermeront, plusieurs d'entre eux n'auront nulle part où aller parce que leur maison est détruite. Ce ne sont pas des sans-abri. Mais ce sont des sans-abri en ce moment.»

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