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Québec: l'un des leaders étudiants du "Printemps érable" risque la prison

01/11/2012 04:57 EDT | Actualisé 01/01/2013 05:12 EST

L'un des principaux dirigeants du "Printemps érable", le mouvement étudiant qui a animé le Québec avant l'été, a été reconnu jeudi "coupable d'outrage au tribunal" pour avoir appelé à faire fi d'un jugement forçant la reprise des cours, ce qui peut lui coûter la prison.

Gabriel Nadeau-Dubois, considéré par beaucoup comme "le" leader de ce conflit social sans précédent dans la province francophone, était poursuivi par un autre étudiant pour avoir déclaré en mai dernier à la télévision: "Il est tout à fait légitime pour les étudiants de prendre les moyens de respecter le choix démocratique qui a été fait d'aller en grève".

Or, il avait tenu ces propos après que des tribunaux eurent passé des injonctions obligeant les étudiants en grève à ne pas empêcher la tenue des cours et à se tenir à distance des universités.

Ancien porte-parole de la Classe, le plus radical des syndicats étudiants, M. Nadeau-Dubois encourt désormais 5.000 dollars d'amende ou une peine maximale d'un an de prison.

Le jeune homme a indiqué sur Twitter qu'il réservait ses commentaires à une conférence de presse prévue vendredi matin.

D'ores et déjà, son successeur, Jérémie Bédard-Wienson, a déclaré dans un communiqué que "sa condamnation exemplaire témoigne de la judiciarisation inacceptable d'un conflit politique".

L'origine du "Printemps érable" remonte à la hausse des frais de scolarité, de 82% sur sept ans, décidée par le gouvernement libéral de Jean Charest, battu par les indépendantistes du Parti québécois lors du scrutin de septembre.

Face à l'enlisement des négociations et à la multiplication des manifestations, parfois violentes, certains non-grévistes avaient saisi les tribunaux pour exiger la reprise des cours. Et de son côté, le gouvernement libéral avait adopté en mai une loi spéciale, officiellement censée garantir le libre accès aux cours des étudiants non-grévistes mais imposant aussi des limitations aux manifestations.

Cette loi spéciale, très critiquée, a été annulée par les indépendantistes à leur arrivée au pouvoir, de même que la hausse des frais universitaires.

sab/lor

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