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01/11/2012 08:09 EDT | Actualisé 01/01/2013 05:12 EST

Koweït: libération d'un chef de l'opposition au lendemain de violents heurts

Une figure de l'opposition koweïtienne, Mussallam al-Barrak, a été libéré jeudi sur décision de la justice, au lendemain de violents heurts entre manifestants et policiers, selon un photographe de l'AFP.

Après ces violences, les groupes de l'opposition, réunis en urgence jeudi, ont condamné "la répression barbare" des manifestations pacifiques, affirmant que le pays était en train de devenir un Etat policier.

"Un juge a ordonné la libération de Barrak contre une caution de 10.000 dinars (35.600 USD), dans l'attente de son procès", a déclaré à l'AFP l'avocat de M. Barrak, Me Abdelrahman al-Barrak.

Quelque 200 partisans de Mussallam al-Barrak l'ont accueilli à sa sortie de la prison centrale, à 25 km au sud-ouest de la ville de Koweït.

L'opposition, dans son communiqué, a souligné qu'elle poursuivrait ses manifestations pacifiques et appelé le gouvernement à "mettre un terme à ses pratiques oppressives et policières sans précédent".

Le texte, signé par 11 organisations politiques et de jeunesse, a appelé par ailleurs le gouvernement à supprimer l'amendement contesté à la loi électorale à l'origine de la crise politique actuelle.

Selon l'opposition, cet amendement, autorisé le 19 octobre par l'émir, cheikh Sabah al-Ahmad Al-Sabah, pourrait favoriser une manipulation des résultats des élections anticipées, convoquées le 1er décembre.

De son côté, le ministère de l'Intérieur a réaffirmé qu'il ne tolèrerait aucune nouvelle manifestation non autorisée, y compris la marche de l'opposition prévue dimanche.

Il a par ailleurs nié toute implication de forces étrangères dans les heurts de mercredi soir, comme des informations de presse en avaient fait état, et promis de prendre les mesures légales contre ceux répandant des rumeurs sans fondement.

Mercredi soir, des dizaines de milliers de personnes en colère avaient marché en direction de la prison centrale de Koweït pour exiger la libération de Mussallam al-Barrak, arrêté lundi et dont la détention venait d'être prolongée de dix jours.

La police anti-émeute a fait usage de grenades assourdissantes et de gaz lacrymogène pour disperser la foule, donnant lieu à des heurts qui se sont poursuivis jusque vers 03H00 du matin (00H00 GMT), selon des militants.

La Bourse de Koweït a clôturé jeudi en baisse de 2% à 5.645,31 points.

Mussallam al-Barrak est accusé d'avoir nui au statut de l'émir lors d'un rassemblement public le 15 octobre, ce qui le rend passible d'une peine pouvant aller jusqu'à 5 ans de prison, selon son avocat.

Le ministère de l'Intérieur a indiqué que cinq policiers avaient été blessés après avoir été heurtés par deux véhicules, dont l'un portait "une plaque d'immatriculation étrangère".

Il a ajouté avoir mené des arrestations qui, selon des témoins, ont concerné au moins 23 personnes.

Selon des militants, des dizaines de personnes, notamment des enfants, ont été admis dans des hôpitaux en raison de l'inhalation de gaz, après le tir de grenades assourdissantes et de gaz lacrymogène.

Il s'agit de la deuxième vague d'affrontements violents entre police et manifestants en dix jours. Le 21 octobre, une centaine de protestataires et 11 policiers avaient été blessés dans des heurts à l'occasion de la plus importante manifestation de l'histoire du pays.

Un dignitaire religieux koweïtien, Nabil al-Awadhi, a révélé jeudi avoir engagé avec d'autres religieux une médiation pour tenter de sortir le pays de sa crise politique.

Membre de l'Opep (Organisation des pays producteurs de pétrole), le Koweït, première monarchie du Golfe à s'être dotée d'un Parlement élu en 1962, connaît des crises politiques à répétition depuis 2006.

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