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01/11/2012 03:54 EDT | Actualisé 01/01/2013 05:12 EST

Hoboken, riche banlieue de New York transformée en marais poisseux par Sandy

AP
The New York City skyline and Hudson River are seen from Hoboken, NJ as Hurricane Sandy approaches on Monday, Oct. 29, 2012. Hurricane Sandy continued on its path Monday, as the storm forced the shutdown of mass transit, schools and financial markets, sending coastal residents fleeing, and threatening a dangerous mix of high winds and soaking rain. (AP Photo/Charles Sykes)

Toujours privés d'électricité, les pieds dans une boue poisseuse à l'odeur fétide, les habitants d'Hoboken, une banlieue cossue de New York, tentaient toujours jeudi de se remettre du passage de Sandy et nettoyaient péniblement les ravages causés par la tempête.

Sur le trottoir devant leur immeuble, les Hartman empilent les jouets, les meubles ou les appareils électroménagers entreposés avant le passage de Sandy dans leur garage: les inondations les ont définitivement rendus inutilisables.

Un grand étui noir, couvert d'autocollants "Fragile" et dont le profil rappelle celui d'un étrange cercueil, attire les regards des passants.

"Tout le monde se demande ce que c'est", pointe Christine Harman, traçant dans la boue qui recouvre l'objet les mots "Etui de harpe": "Maintenant, ils savent". L'instrument, dont jouait la mère de Christine, Lise, une musicienne professionnelle à la retraite, a quant à lui survécu à la catastrophe: "Il était chez nous, en haut".

"On se tient les coudes", résume Christine Hartman, une avocate âgée de 43 ans, évoquant l'état d'esprit des habitants de Hoboken: "Dans notre immeuble, on a fait une fête hier soir. Avec un barbecue sur le toit, on a cuit la viande qui allait périmer et on a bu les bières qui allaient se perdre".

L'eau qui avait inondé les rues pittoresques d'Hoboken, une ville du New Jersey de 50.000 habitants située en face de Manhattan, de l'autre côté de l'Hudson, a depuis mercredi laissé la place à une boue poisseuse, mélange d'eau, d'essence et de fioul.

La mairie de la ville est pleine de gardes nationaux en tenue de camouflage et de résidents désireux d'obtenir des informations. Sur les marches de l'hôtel de ville, les dernières nouvelles sont écrites à la main sur un grand panneau blanc: "Retour de l'électricité dans l'ensemble de la ville attendu dans 7 à 10 jours".

Au pub Nag's Head, l'eau a grimpé jusqu'à la moitié environ du bar, laissant une marque nette après s'être retirée. Mais la cave de l'établissement est toujours inondée.

Pour la vider, Mairead Patterson, 33 ans, raconte qu'elle a un générateur pour faire fonctionner une pompe. Mais pas d'essence, en revanche, pour faire marcher le générateur. "Les pompiers ont promis d'en apporter, mais ils ont été appelés pour un incendie quand ils étaient là et ils ont donc dû repartir", soupire-t-elle.

Devant un supermarché, une longue file d'habitants attend patiemment que les employés les laissent entrer dans le magasin. "Ce serait de la folie furieuse s'ils laissaient entrer tout le monde", pointe Deana Bryant, une enseignante de 34 ans.

Dans la queue, certains ont besoin de médicaments. Elle, en revanche, vient juste acheter de l'eau de javel: "On veut laver les chaussures qu'on a utilisées pour marcher dans cette boue et on veut en mettre dans l'eau qu'on boit".

Même si on lui assure que la mairie garantit que l'eau du robinet est potable, elle n'en démord pas: "On n'y croit pas. On va ajouter un peu de javel quand même".

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