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01/11/2012 05:59 EDT | Actualisé 01/01/2013 05:12 EST

Enquête sur la mort d'Ashley Smith en détention : diffusion de vidéos troublantes

L'avocat de la famille d'Ashley Smith a presenté des vidéos captées par des caméras de surveillance de centres correctionnels où a séjourné la jeune femme, lors des audiences de l'enquête du coroner, qui cherchent à faire la lumière sur sa mort.

L'une des vidéos montre une dizaine d'agents correctionnels maîtriser la jeune femme, qui s'était mutilée, pour qu'une infirmière lui injecte des sédatifs. Les agents de l'Institut Pinel à Montréal retiennent Ashley Smith de force alors qu'elle se plaint de douleurs.

Selon l'avocat Julian Falconer, les agents de Service correctionnel du Canada ont humilié et maltraité Ashley Smith pendant des années, ce qui a mené à son suicide. Il demande à ce que les médecins et infirmières de l'Institut Pinel témoignent lors du procès devant jury.

Ashley Smith avait 19 ans lorsqu'elle a été trouvée morte étouffée dans sa cellule à Kitchener, en octobre 2007, après plusieurs épisodes d'automutilation. Elle venait de passer environ un an en isolement dans plusieurs pénitenciers de cinq provinces à travers le Canada.

L'enquête va trop loin selon Service correctionnel Canada

Le coroner ontarien John Carlisle tente d'enquêter sur le système carcéral fédéral plutôt que de concentrer exclusivement son investigation sur la mort d'une adolescente en détention, ont plaidé mercredi les procureurs de Service correctionnel Canada (SCC).

Les avocats de SCC et de trois médecins ontariens, qui tentent de restreindre la portée de l'enquête sur le tragique décès d'Ashley Smith, ont plaidé mercredi matin que l'enquête souhaitée par le coroner dépasse ses limites juridiques et constitutionnelles.

L'avocate Nancy Noble, de SCC, a affirmé que le problème avec cette enquête, c'est qu'on veut scruter maintenant la façon dont SCC avait traité Ashley Smith, et non les circonstances entourant la mort de la jeune femme originaire du Nouveau-Brunswick.

Appuyé par la famille de la victime, le coroner John Carlisle espère mener une enquête approfondie qui se pencherait, entre autres, sur la façon dont la détenue a été traitée avant d'être retrouvée morte dans sa cellule. M. Carlisle veut examiner les effets qu'auraient pu avoir l'isolement prolongé et les 17 transferts d'établissements sur la santé mentale d'Ashley Smith.

Cela va trop loin, a plaidé Nancy Noble, puisque l'enquête se transformerait ainsi en « une investigation complète sur les activités et la gestion de SCC ». L'accent qui serait mis sur le traitement des problèmes de santé mentale empiéterait aussi sur les compétences provinciales, a par ailleurs ajouté l'avocate.

La semaine dernière, les avocats du gouvernement fédéral ont renoncé à leurs efforts visant à empêcher la diffusion, lors de l'enquête, d'images captées par des caméras de surveillance de pénitenciers où Ashley Smith avait été détenue.

La famille Smith souhaite utiliser ces vidéos pour montrer comment la jeune femme a été traitée en général durant son incarcération, y compris dans des prisons à l'extérieur de l'Ontario.

Cependant, SCC réclame toujours des limites aux pouvoirs de l'enquête, et appuie des médecins de l'extérieur de l'Ontario qui contestent leurs assignations à comparaître.

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