QUÉBEC - La Coalition avenir Québec va assurer la survie du gouvernement péquiste minoritaire lors du vote sur le discours d'ouverture prononcé plus tôt cette semaine par la première ministre Pauline Marois.

Le chef de la CAQ, François Legault, a indiqué jeudi qu'il n'avait pas l'intention de défaire le gouvernement sur un simple exposé esquissant les grandes lignes des orientations gouvernementales.

«On n'ira pas défaire le gouvernement sur un discours», a statué M. Legault, en point de presse à l'Assemblée nationale.

Mercredi, à peine la lecture de l'allocution terminée, les oppositions libérale et caquiste avaient signifié leur décision de voter contre la motion entérinant le discours, n'y voyant qu'une longue litanie de dépenses sans volonté d'assainir les finances publiques.

«Je suis très surpris qu'on nous dise d'un côté qu'il y a un trou de 1,6 milliard $, mais que de l'autre côté on n'annonce aucune mesure pour réduire les dépenses. Et on nous dit que peut-être qu'il y aura un budget. Ce n'est pas très sérieux dans un discours inaugural», a de nouveau déploré le leader de la CAQ, jeudi.

Néanmoins, le chef caquiste s'est dit confiant de pouvoir trouver un compromis acceptable avec le gouvernement du Parti québécois au cours des 25 heures de débat réglementaire sur le discours.

«Je suis convaincu qu'on va trouver une façon de s'arranger avec le gouvernement pour que dans le discours, peut-être, on ajoute ou qu'on fasse des ajustements d'une sorte ou l'autre», a-t-il dit.

Le cas échéant, pour éviter de replonger le Québec en élection ou encore épargner un nouveau psychodrame à l'Assemblée nationale, la CAQ pourrait ne déléguer qu'un nombre restreint de ses députés en Chambre au moment du vote sur la motion, prévu dans environ 10 jours.

Mais la Coalition ne sera pas aussi accommodante lors du dépôt du premier budget péquiste, même s'il est présenté aussi tôt qu'en novembre.

M. Legault a prévenu que ses 19 députés seront tous présents à l'Assemblée nationale pour voter contre le budget s'il comporte des augmentations d'impôt.

«J'ai été très clair, on ira pas défaire un gouvernement sur un discours. Par contre, s'il y a des mesures dans un budget déposé d'ici le 15 novembre qui ne font pas notre affaire, on n'hésitera pas et les 19 députés seront en Chambre», a-t-il dit.

Les électeurs de la CAQ, a poursuivi son chef, souhaitent que le gouvernement réduise les dépenses et les impôts de la classe moyenne. Par conséquent, «on ne va pas voter pour un budget qui fait exactement le contraire», a tranché M. Legault.

Loading Slideshow...
  • Qui fait quoi à l’Assemblée Nationale?

    Lorsqu’il est question de politique, les Québécois distinguent aisément les tâches qui reviennent à la première ministre, aux députés, aux ministres et aux porte-paroles en matière de ceci ou de cela. Par contre, fort peu nombreux sont ceux qui connaissent l’utilité du whip, le concept de leader parlementaire ou le nom de l’actuelle protectrice du citoyen. Voici donc une présentation de quatre fonctions parlementaires des députés, de cinq personnes désignées par l’Assemblée et du plus haut dignitaire sur le plan protocolaire au Québec.

  • Président de l'Assemblée nationale

    Actuellement: Jacques Chagnon, député de Westmount-Saint-Louis C’est à lui que les députés s’adressent lors de leurs interventions à l’Assemblée. Ses tâches principales consistent à arbitrer les séances, s’assurer du bon déroulement des travaux, protéger les droits des députés, préparer les prévisions budgétaires et représenter l’Assemblée dans ses rapports avec d’autres gouvernements. N’ayant pas droit de vote, sauf en cas d’égalité des voix, il cesse d’appartenir à son groupe parlementaire, dès qu’il entre en fonction.

  • Présidents de caucus

    Sylvain Pagé, député de Labelle (gouvernement) et Geoffrey Kelly, député de Jacques-Cartier (opposition officielle) Le caucus de chaque parti est constitué de l’ensemble des députés qui siègent à l’Assemblée sous la bannière de ce parti. Choisis par le chef de leur groupe parlementaire, les présidents de caucus établissent l’ordre du jour et dirigent les réunions de leurs caucus respectifs. Ils doivent entre autres s’assurer que tous les sujets prévus sont examinés et que le temps qui leur est alloué soit respecté.

  • Whip

    Marjolain Dufour, Député de René-Lévesque (gouvernement) et Laurent Lessard, député de Lotbinière-Frontenac (oppostion officielle) Signifiant «fouet» en anglais, le mot «whip» représente la fonction disciplinaire du parti. Aidé d’adjoints, le whip s’assure que les députés manifestent une solidarité parlementaire, veille à ce qu’ils soient suffisamment nombreux à l’Assemblée et en commission (surtout les jours de votes), note le nom de ceux qui interviennent pendant les débats et remplit diverses fonctions touchant aux aspects matériels de la vie de ses collègues.

  • Leader parlementaire

    Stéphane Bédard, député de Chicoutimi (gouvernement) et Pierre Moreau, député de Châteauguay (opposition) Possédant une connaissance approfondie des règles et coutumes parlementaires, il est le principal stratège et conseiller en la matière. En plus d’assurer un lien entre le Conseil des ministres et l’Assemblée, il a l’exclusivité de certains actes de procédures tels que la motion d’ajournement de l’Assemblée (qui met fin aux travaux d’une séance) ou la motion de renvoi en commission d’un projet de loi pour son étude détaillée.

  • Directeur général des élections - Jacques Drouin

    Responsable des élections provinciales (générales et partielles), municipales, scolaires et des référendums, il supervise la délimitation des circonscriptions électorales, la liste électorale permanente, le dépôt des bulletins de vote, leur dépouillement et la proclamation des résultats. Il veille également au contrôle du financement des partis politiques et des dépenses électorales, en plus d’avoir le devoir d’informer les électeurs de leurs droits électoraux.

  • Commissaire au lobbyisme – François Casgrain

    Assurant la surveillance des activités de lobbyisme exercées auprès des titulaires de charges publiques, tels que les ministres, les députés et leur personnel, le Commissaire au lobbyisme effectue les inspections relatives à toute contravention aux dispositions de la Loi sur la transparence et l'éthique en matière de lobbyisme ou du Code de déontologie des lobbyistes qu’il a élaboré.

  • Commissaire à l’éthique et à la déontologie – Jacques Saint-Laurent

    Il guide les députés au sujet de leurs obligations concernant les incompatibilités de fonctions, les conflits d’intérêts, les dons et les avantages. De sa propre initiative ou à la demande d'un député, il peut faire des vérifications ou des enquêtes pour déterminer si des manquements au Code d’éthique et de déontologie des membres de l’Assemblée ont été commis par un député ou un membre du Conseil exécutif.

  • Protectrice du citoyen - Raymonde St-Germain

    Elle prévient et corrige les erreurs ou les injustices commises à l’égard de toute personne ou groupe de personnes en relation avec un ministère, un organisme du gouvernement du Québec ou une instance du réseau de la santé et des services sociaux. Dans le meilleur intérêt des citoyens, elle peut proposer des modifications aux lois, règlements, directives et politiques administratives, ou à tout projet concernant ces matières. Même si elle ne dispose d’aucun pouvoir de contrainte, plus de 95 % de ses recommandations sont acceptées.

  • Vérificateur général – Michel Samson (par intérim)

    Exerçant un contrôle parlementaire sur les fonds et autres biens publics, il communique aux principaux intéressés ses constatations, ses commentaires et ses recommandations. Son apport consiste à promouvoir une reddition de comptes à la fois rigoureuse et transparente. Il vise à améliorer les pratiques de gestion à l'échelle gouvernementale. Depuis 2008, il vérifie également les livres et comptes des entités des réseaux de la santé, des services sociaux, de l’éducation et des organismes sans but lucratif qui gravitent autour de ces réseaux. Il a aussi la responsabilité de réaliser des mesures d’évaluation de l’efficacité et de la performance des sociétés d’État.

  • Lieutenant-gouverneur – Pierre Duchesne

    Représentant de la Couronne et reconnu comme le plus haut dignitaire sur le plan protocolaire, il a la tâche de nommer le premier ministre, les membres du Conseil exécutif (ministres) sur recommandation du premier ministre, ainsi que les juges des cours du Québec. Il est également responsable de la ratification des décrets du gouvernement, de la sanction des lois, en plus de veiller à la convocation, la prorogation et la dissolution de l'Assemblée nationale.


Loading Slideshow...
  • 7 novembre 1998

    François Legault a été nommé ministre de l'Industrie et du Commerce par Lucien Bouchard, mais devait d'abord être élu. On le voit ici lors d'un rassemblement à Saint-Roch-de-l'Achigan avec sa femme. (PC/Paul Chiasson)

  • 23 février 2000

    Au Sommet du Québec et de la jeunesse, avec son premier ministre Lucien Bouchard et Jean Charest, alors chef de l'opposition. (CP PHOTO/Jacques Boissinot)

  • 13 novembre 2001

    François Legault, alors ministre de l'Éducation et de l'Emploi, félicite deux nouveaux venus au cabinet des ministres, Rita Dionne-Marsolais et Richard Legendre. (CP PHOTO/Jacques Boissinot)

  • 12 janvier 2009

    La chef de l'opposition Pauline Marois en compagnie de François Legault, alors critique péquiste en matière de Finances. (PC/Jacques Boissinot)

  • 25 juin 2009

    François Legault quitte l'Assemblée nationale après avoir annoncé son retrait de la vie politique. (PC/ Jacques Boissinot)

  • 21 février 2011

    L'ancien ministre François Legault et l'homme d'affaires Charles Sirois annoncent la création de la Coalition pour l'avenir du Québec, qui deviendra par la suite un parti. (PC/Jacques Boissinot)

  • 14 novembre 2011

    François Legault dévoile les couleurs de son nouveau parti, la Coalition avenir Québec. (PC/Jacques Boissinot)