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31/10/2012 02:37 EDT | Actualisé 31/12/2012 05:12 EST

Reprise limitée jeudi du trafic du métro new-yorkais, dévasté par Sandy

AP
This Oct. 30, 2012, photo provided by New York's Metropolitan Transportation Authority (MTA) shows a flooded escalator in the South Ferry station of the No. 1 subway line, in lower Manhattan, after Superstorm Sandy passed through New York. Floodwaters that poured into New York's deepest subway tunnels may pose the biggest obstacle to the city's recovery from the worst natural disaster in the transit system's 108-year history but on Wednesday Gov. Andrew Cuomo announced limited subway service will resume on Thursday. (AP Photo/Metropolitan Transportation Authority)

Le métro de New York, d'ordinaire bondé et bruyant, est silencieux depuis trois jours et si le trafic devrait reprendre jeudi sur certaines lignes, personne ne sait précisément quand son vacarme familier se fera entendre à nouveau sur l'ensemble du réseau.

La circulation du métro, qui transporte chaque jour quelque cinq millions de voyageurs, avait été suspendue dès dimanche à l'approche de l'ouragan Sandy.

Le gouverneur de New York Andrew Cuomo a annoncé mercredi une reprise "limitée" à partir de jeudi, mais pas encore dans le sud de Manhattan, au dessous de la 34e rue, une zone toujours privée d'électricité.

Trois des sept tunnels passant sous l'East River, qui avaient été inondés par la montée brusque des eaux due à Sandy, ont été dégagés, a précisé M. Cuomo.

Mais les images de l'eau s'engouffrant dans les bouches de métro et les tunnels après ces crues n'incitent pas à l'optimisme.

"Nous avons connu des inondations dans le passé mais rien de cette ampleur bien évidemment", explique à l'AFP Charles Seaton, le porte-parole de l'autorité locale des transports (MTA).

Les équipes de réparation s'activent à pomper les millions de litres d'eau salée qui ont déferlé dans le réseau au plus fort de l'ouragan lundi soir, endommageant de nombreuses stations parmi les 468 que compte le métro new-yorkais.

"Sur les lignes à l'air libre, nous avons constaté des chutes d'arbes et des dégâts dus au vent", a indiqué M. Seaton, ajoutant: "L'eau a aussi endommagé des stations dans le sud de Manhattan et il y a beaucoup de boue et de débris sur les rails".

"Dans un ou deux tunnels passant sous les rivières, l'eau est montée jusqu'au plafond et cela sur plus de 200 mètres", précise-t-il.

Pour les équipes d'entretien du métro, pomper l'eau fait partie de la routine -- elles retirent une cinquantaine de millions de litres par jour, à cause des pluies notamment -- mais aujourd'hui "ce sont des dizaines et de dizaines de fois plus" d'eau qu'il faut pomper, souligne-t-il.

Une des stations les plus affectées est South Ferry, à l'extrémité sud de Manhattan, tout près de l'East River. Des images diffusées par la MTA la montrent envahie par de l'eau sale, sur laquelle flotte des débris divers dont des barrières orange.

A l'approche de l'ouragan, la MTA avait protégé l'entrée des stations avec des sacs de sable et déplacé les rames pour les préserver. Elle avait aussi coupé le courant "parce qu'il y a généralement davantage de dégâts avec l'eau quand on laisse les équipements tourner", explique M. Seaton.

Il reconnaît n'avoir "aucune idée" du temps qu'il faudra pour rétablir un service normal. "Ce sont les dégâts les plus importants qu'on ait jamais vus sur le réseau. J'invite les New-Yorkais à faire preuve de patience".

Et le coût est aussi difficile à évaluer.

Un rapport de l'administration fédérale des transports datant de 2011 sur les effets à redouter sur le métro de la "crue du siècle" évoquait des chiffres allant jusqu'à 58 milliards de dollars, dont 10 milliards pour les seuls dégâts directs. Mais il faut aussi inclure le coût du nettoyage et de la remise en état des équipements. Ceux-ci devront être "démontés, nettoyés, réparés ou remplacés" pour éviter que la corrosion ne s'installe et ne finisse par les détruire.

Les auteurs du rapport comptaient "un minimum de trois à quatre semaines pour revenir à 90% de la capacité normale" du réseau.

Au centre de Manhattan, des New-Yorkais attendent les autobus, qui ont été rétablis et sont pour l'instant gratuits. "On dirait la Troisième Guerre mondiale", plaisante Regina Glick, qui travaille dans une agence immobilière. "On se sent comme coupé du reste du monde".

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