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31/10/2012 06:58 EDT | Actualisé 31/12/2012 05:12 EST

Plus de 36.000 morts en Syrie, l'aviation bombarde la banlieue de Damas

Les violences en Syrie ont fait plus de 36.000 morts, en majorité des civils, en bientôt vingt mois de conflit et mardi l'aviation bombardait sans relâche la banlieue est de Damas, fief des rebelles.

A Pékin, le médiateur international Lakhdar Brahimi a déclaré espérer un "rôle actif de la Chine", allié du président Bachar al-Assad, pour trouver une solution au conflit.

Les violences ont fait plus de 36.000 morts depuis le début de la contestation le 15 mars 2011, dont 25.667 civils, a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) qui considère aussi comme des civils ceux qui ont pris les armes contre les troupes du régime.

Le nombre de soldats tués a atteint 9.044 et celui des déserteurs 1.296, a précisé cette ONG, basée en Grande-Bretagne, qui s'appuie sur un réseau de militants et de sources médicales dans les hôpitaux civils et militaires à travers le pays. Il affirme que ses bilans recensent les victimes civiles, militaires et rebelles.

"Il faut ajouter 439 autres personnes tuées dont l'identité n'a pas pu être établie", selon le président de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane.

Mais ces bilans ne comprennent pas les milliers de personnes disparues en détention ni la plupart des morts parmi les "chabbihas" (miliciens pro-régime).

Août fut le mois le plus sanglant avec 5.440 tués, contre 4.727 en septembre et 4.985 en octobre, soit au total 15.152 morts en trois mois et une moyenne de 165 morts par jour.

La brutale répression par le régime du mouvement de contestation populaire a militarisé la révolte.

Mercredi, l'aviation syrienne a bombardé la banlieue est de la capitale, où les rebelles sont solidement retranchés, au lendemain d'une journée sanglante marquée par le premier raid d'un chasseur-bombardier sur Damas, selon l'OSDH.

"Les avions de guerre ont mené cinq raids contre les régions agricoles autour des localités de Saqba et Douma (est) et de la fumée y était visible", selon cette organisation.

Mardi, selon l'Observatoire, 30 civils et 13 rebelles ont été tués dans cette banlieue et au total 182 personnes, dont 95 civils, 47 soldats et 40 rebelles ont péri dans le pays.

Dans la province d'Idleb, dans le nord-ouest du pays, des violents combats ont eu lieu entre soldats et rebelles qui ont attaqué des postes militaires sur l'autoroute près de Jisr al-Choughour.

Par ailleurs, des avions ont bombardé les localités de Deir Charqi, Maar Chemcha et Maaret al-Noomane, un ville stratégique située sur l'autoroute reliant Damas à Alep.

A l'est de cette localité, les rebelles et les jihadistes du Front al-Nosra tentaient toujours de prendre le contrôle de l'importante base militaire de Wadi Deif.

Dans l'est du pays, des combattants du Front al-Nosra sont aussi engagés dans une bataille à Deir Ezzor, où l'armée tente de reprendre des quartiers rebelles et l'aviation a bombardé la ville de Mohassen, qui est selon l'Observatoire une importante place forte des rebelles.

Pour le quotidien officiel, As Saoura, "il est clair que le règlement de la crise passe par une solution politique et cela peut se faire par des négociations entre les différentes parties impliquées pour empêcher la politique hostile de l'Occident et de ceux qui veulent diviser le pays et en faire un pays soumis aux plans américains".

Après s'être rendu à Moscou, l'émissaire international de l'ONU a été reçu par le ministre chinois des Affaires étrangères Yang Jiechi. M. Yang a "salué les efforts" de Lakhdar Brahimi, également émissaire de la Ligue arabe, face à l'engrenage des violences en Syrie.

"La Chine a joué un rôle important et positif en poussant pour une résolution politique de la question syrienne et nous allons continuer à travailler avec la communauté internationale", a déclaré un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.

M. Brahimi tente une nouvelle fois de convaincre les dirigeants chinois de lever leur entrave à une action du Conseil de sécurité de l'ONU.

"La crise en Syrie est très, très dangereuse, la situation est mauvaise et elle empire", avait estimé lundi à Moscou M. Brahimi, qui a oeuvré, en vain, pour un cessez-le-feu pendant la fête musulmane de l'Aïd Al-Adha.

Moscou et Pékin ont bloqué au Conseil de sécurité trois projets de résolution occidentaux condamnant la répression du régime syrien.

Par ailleurs, la Russie mène avec la Turquie des négociations pour récupérer la cargaison confisquée par Ankara dans un avion syrien faisant la liaison Moscou-Damas, mais aucune mesure concrète n'a pour l'heure été entreprise, a indiqué un vice-ministre russe des Affaires étrangères.

La Turquie avait intercepté le 10 octobre au-dessus d'Ankara un Airbus A-320 de Syrian Air reliant Moscou à Damas et l'avait forcé à faire escale pour des contrôles de sécurité.

bur/sk/sw

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