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31/10/2012 05:58 EDT | Actualisé 31/12/2012 05:12 EST

Ministres provinciaux, chefs autochtones discutent de femmes tuées et disparues

WINNIPEG - Des ministres provinciaux et les leaders autochtones du Canada entameront jeudi à Winnipeg un sommet de deux jours sur les femmes autochtones disparues et assassinées, mais rien ne prédit que la réunion produira une stratégie pan-canadienne sur ce fléau.

Des ministres de la Condition féminine ou des Affaires autochtones de chaque province et territoire participeront à la rencontre.

Pour Eric Robinson, ministre manitobain des Affaires autochtones et du Nord, qui co-préside la réunion, il n'est pas certain qu'un groupe de travail national produira des résultats, mais il s'agira certainement d'une initiative coûteuse.

«Je ne dis pas que je suis contre (une initiative pan-canadienne). Je dois consulter les autres provinces et autres juridictions pour savoir comment elles se sentent par rapport à ça. Un groupe de travail national... est-ce que ça serait plus logique?...Est-ce que c'est plus faisable?» a-t-il lancé.

Le sommet a lieu alors que l'Assemblée des Premières Nations et d'autres groupes réclament avec de plus en plus de vigueur une enquête sur le fait qu'environ 600 femmes autochtones sont disparues ou ont été tuées au cours des deux dernières décennies.

Shawn Atleo, le Chef national de l'Assemblée des Premières Nations, a dit qu'une enquête était nécessaire pour faire la lumière sur la façon dont les corps policiers du pays ont mené leurs investigations sur la disparition de femmes autochtones.

Le Chef soutient aussi qu'il faudra analyser les facteurs économiques et sociaux qui rendent les femmes autochtones plus susceptibles à être victimes de violence.

Il a demandé une commission d'enquête nationale mais le gouvernement fédéral a rejeté sa demande.

«Mettre en place une commission d'enquête nationale publique démontrerait un engagement clair et ciblé pour parvenir à un changement pour et avec les peuples autochtones», a-t-il dit récemment.

Il a demandé une commission d'enquête nationale mais le gouvernement fédéral a rejeté sa demande.

Ottawa estime qu'il travaille à régler le problème en finançant une base de données qui permet aux autorités policières de partager de l'information sur ces cas.

Les provinces ne semblent pas plus enthousiasmées par une telle initiative. Les premiers ministres provinciaux n'ont pas sanctionné une telle enquête lors de leur rencontre annuelle en juin, à laquelle ils ont également rencontré le chef Atleo.

Les provinces ont fait valoir qu'il existe déjà des initiatives en cours dans différents coins du pays, notamment une enquête en Colombie-Britannique sur les assassinats de femmes dans le quartier Downtown Eastside.

Des groupes autochtones soutiennent toutefois que seule une enquête nationale peut s'attaquer à la raison pour laquelle des femmes autochtones de partout au pays connaissent une fin tragique. Ces groupes ont été appuyés par le Nouveau Parti démocratique.

Des ministres fédéraux ont été invités au sommet mais ils ont délégué des fonctionnaires.

Il s'agit du troisième Sommet national des femmes autochtones. Les deux réunions précédentes, tenues en 2007 et 2008, ont porté principalement sur les conditions sociales et de vie des femmes autochtones.

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