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31/10/2012 03:20 EDT | Actualisé 31/12/2012 05:12 EST

Le Fonds FTQ n'entend pas réinvestir dans les entreprises Accurso pour l'instant

MONTRÉAL - Malgré les nombreuses révélations troublantes faites devant la Commission Charbonneau, le Fonds de solidarité FTQ veut rester présent dans l'industrie de la construction.

Le Fonds ne prévoit toutefois pas, pour l'instant, réinvestir dans les entreprises de Tony Accurso, a indiqué mercredi Gaétan Morin, premier vice-président aux investissements, à l'issue d'un discours prononcé devant l'Association des MBA du Québec.

«Le Fonds a une grande responsabilité, soit de s'assurer que la propriété (des entreprises québécoises) demeure (locale)», a-t-il déclaré en point de presse.

«Maintenant, sur le dossier Accurso, on n'a pas de demande à ce sujet-là au moment où on se parle, a-t-il ajouté. (...) Il n'y a pas de dossier à l'analyse en ce moment à ce sujet-là.»

Un porte-parole, Patrick McQuilken, a par la suite précisé qu'aucune entreprise québécoise n'avait jusqu'ici sollicité l'aide du Fonds dans le but d'acquérir une ou plusieurs des entreprises Accurso.

Plus tôt ce mois-ci, M. Accurso a annoncé qu'il abandonnait la direction de son empire, qui emploie 3500 personnes et dont le chiffre d'affaires annuel est estimé à 1 milliard $, dans l'espoir d'assurer sa pérennité.

Plusieurs observateurs craignent que les entreprises Accurso tombent entre les mains d'étrangers. La Caisse de dépôt et placement, SNC-Lavalin (TSX:SNC) et l'un des plus importants entrepreneurs en construction du Québec, le groupe Pomerleau, ont tous indiqué qu'ils n'étaient pas intéressés à les acquérir.

En avril, Tony Accurso a été arrêté et a notamment été accusé de fraude, de complot et d'abus de confiance. En 2010, deux de ses entreprises, Simard-Beaudry et Louisbourg, ont plaidé coupables à deux chefs d'accusations de fraude fiscale de plus de 4 millions $.

Jusqu'à l'an dernier, Simard-Beaudry devait 36 millions $ au Fonds FTQ en vertu d'un prêt contracté quelques années plus tôt.

Cet été, le grand patron du Fonds FTQ, Yvon Bolduc, a déclaré que l'institution allait «se garder un peu de distance» par rapport au secteur de la construction, une affirmation que M. Morin a semblé contredire mercredi.

«Il faut continuer à investir dans des entreprises de construction, a-t-il affirmé. Est-ce qu'il faut le faire différemment? Oui. Mais je pense que si on veut conserver un certain savoir-faire et permettre à ces entreprises-là d'aller un jour à l'extérieur du Québec, il faut les appuyer, c'est clair.»

Dans son discours, Gaétan Morin a par ailleurs souligné qu'en 2012, le Québec inc. avait davantage joué le rôle de «prédateur» que de «proie» puisque la valeur totale des acquisitions étrangères réalisées par des entreprises d'ici avait été plus de deux fois plus élevée que celle des acquisitions de compagnies québécoises effectuées par des sociétés étrangères.

Le dirigeant a toutefois noté que certaines acquisitions d'entreprises québécoises avaient été bénéfiques. Il a donné l'exemple du détaillant Dollarama (TSX:DOL), acquis par la firme d'investissement privé Bain en 2004 puis introduit en Bourse en 2009, et du torréfacteur Van Houtte, passé entre des mains américaines en 2007.

Dans les deux cas, le nombre d'employés québécois a augmenté au fil des ans, y compris dans les sièges sociaux.

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