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Deux exécutions au Dakota du Sud et au Texas: tous deux demandaient à mourir

31/10/2012 08:21 EDT | Actualisé 31/12/2012 05:12 EST

Un quadragénaire du Texas (sud des Etats-Unis) a été mis à mort mercredi, 20 heures après l'exécution d'un Américain de 60 ans dans le Dakota du Sud (nord), et tous deux demandaient à mourir, a-t-on appris mercredi de sources pénitentiaires.

La mort, par injection létale, de Donnie Roberts, 41 ans, à 18H39 au Texas (23H39 GMT), porte à 35 le nombre d'exécutions cette année aux Etats-Unis.

Il avait été condamné à mort en 2003 pour le meurtre de sa petite amie alors qu'il était en liberté conditionnelle. Lors de son arrestation, il avait déclaré: "Je veux la peine de mort", et confessé un autre homicide commis 12 ans plus tôt, selon un document judiciaire.

"Je suis sincèrement désolé, je n'ai jamais voulu vous faire autant de mal", a-t-il passé comme message avant de mourir, ajoutant vouloir s'excuser auprès de sa petite amie "au paradis", si "Dieu" le "laisse la voir".

Au Dakota du Sud, Donald Moeller, qui réclamait à être exécuté pour l'enlèvement, le viol et le meurtre d'une fillette de 9 ans, est le deuxième condamné à être mis à mort en quinze jours dans cet Etat. C'est la troisième exécution en cinq ans, la quatrième exécution en 65 ans au Dakota du Sud, où un moratoire a été mis en place de 1947 à 2007.

De nombreuses voix, y compris l'Union européenne, s'étaient élevées contre cette exécution et la précédente dans cet Etat, celle d'Eric Robert, exécuté le 15 octobre après avoir également refusé de faire appel.

De nombreux militants contre la peine de mort s'étaient rassemblés mardi soir devant la prison de Sioux Falls où la nouvelle exécution a eu lieu.

Son décès par injection létale avait été prononcée à 22H24 locales (03H24 GMT mercredi), selon une porte-parole des services pénitentiaires. Il a été exécuté en présence des parents de la jeune victime.

Après avoir clamé son innocence depuis les faits en 1990, Donald Moeller avait finalement admis début octobre avoir violé et poignardé la fillette après l'avoir enlevée dans un supermarché où elle était allée acheter des bonbons. Il avait alors renoncé à faire appel et déclaré qu'il méritait la peine de mort.

La France a condamné mercredi cette exécution et "exhorté les autorités du Dakota du Sud à rétablir le moratoire et à engager un débat sur l'abolition de la peine capitale", selon le porte-parole du Quai d'Orsay, Philippe Lalliot.

"Comme le ministre des Affaires étrangères l'a déclaré solennellement à l'occasion du lancement de la campagne en faveur de l'abolition universelle, la France réaffirme son opposition constante à la peine de mort, en tous lieux et en toutes circonstances", a-t-il ajouté.

La représentante de l'UE pour les Affaires étrangères, Catherine Ashton, avait demandé la grâce de Donald Moeller, ainsi que celle d'Eric Robert, exécuté pour le meurtre d'un gardien de prison, un an après sa condamnation.

"Je constate qu'il n'y a eu aucune exécution dans cet Etat depuis 2007. Je demande donc aux autorités compétentes et au gouverneur du Dakota du Sud de maintenir le moratoire qui était en place de facto et de gracier les deux détenus", avait-elle déclaré.

L'avocat d'Eric Robert avait rapporté, après l'exécution, que la peine capitale dans cet Etat avait en fait incité le condamné à tuer le gardien de la prison dans laquelle il était incarcéré pour une longue peine.

"La possibilité d'être condamné à mort a encouragé plutôt que découragé Robert à commettre son crime", a écrit Mark Kadi dans un communiqué. "Je le sais parce qu'Eric me l'avait dit". Eric Robert lui aurait confié qu'il avait planifié ce meurtre lors d'une tentative d'évasion pour échapper à la peine de 80 ans de prison à laquelle il avait été condamné pour enlèvement.

chv/lor

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