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31/10/2012 10:30 EDT | Actualisé 31/12/2012 05:12 EST

Commission Charbonneau: l'avocat d'Union Montréal attaque le passé du témoin

MONTRÉAL - Le procureur d'Union Montréal, Me Michel Dorval, a tenté de miner la crédibilité de l'ex-organisateur politique du parti, Martin Dumont, en ressortant des histoires de son passé, mercredi, devant la Commission Charbonneau.

Il a notamment évoqué un vol à l'étalage que le témoin avait commis dans le supermarché où il travaillait, en 1999, et a laissé entendre qu'il aurait visionné des sites Internet pour adultes lorsqu'il travaillait au cabinet du maire, de 2001 à 2004.

Ses attaques portant sur le passé du témoin sont devenues si personnelles que tant la juge France Charbonneau que le procureur de la commission, Me Denis Gallant, se sont élevés contre les questions de l'avocat, lui demandant s'il avait des preuves de ce qu'il laissait entendre ou s'il ne faisait que «salir» des gens.

Le témoin a admis avoir plaidé coupable pour un vol à l'étalage, alors qu'il était commis aux fruits dans un supermarché en 1999, dans un «contexte psychologique» sur lequel il n'a pas voulu élaborer. Il a obtenu une absolution inconditionnelle pour cet acte.

Il a aussi soutenu que la Gendarmerie royale du Canada lui avait quand même accordé une cote de sécurité secrète, après avoir enquêté sur lui afin qu'il obtienne un poste dans un ministère fédéral à Ottawa, des années plus tard.

L'avocat d'Union Montréal a même laissé entendre, dans une question, que le témoin avait déjà dit qu'il volait de la nourriture pour l'amener au comité de Jacques Duchesneau, le candidat à la mairie de Nouveau Montréal en 1998. M. Dumont, âgé de 24 ans à l'époque, était alors candidat pour ce parti et travaillait à temps partiel au salaire minimum.

Le témoin a indiqué à l'avocat qu'il s'était trompé, qu'il ne pouvait avoir justifié ainsi son vol, puisque la campagne à la mairie a eu lieu en 1998 alors que son arrestation pour vol à l'étalage a eu lieu en novembre 1999.

C'est ce témoin qui a affirmé, mardi, que le maire Gérald Tremblay était présent, en une occasion, lorsqu'il a été question du financement truqué d'une élection complémentaire, dans Saint-Laurent. Il avait toutefois soutenu que dès que l'agent officiel d'Union Montréal avait sorti une feuille illustrant deux colonnes de comptabilité officielle et officieuse, le maire avait quitté en disant qu'il n'avait pas à savoir ça.

Le même témoin a aussi soutenu avoir vu des enveloppes d'argent comptant circuler au sein du parti, notamment dans le bureau du directeur du financement du parti, Bernard Trépanier.

Pour ce qui est du visionnement de sites pornographiques, alors qu'il travaillait comme conseiller au cabinet du maire, de 2001 à 2004, il n'a pas nié l'avoir fait. Mais l'avocat a laissé entendre par ses questions qu'il l'avait fait durant de nombreuses heures et que c'est pour cette raison qu'il avait quitté le cabinet du maire et s'était retrouvé ensuite organisateur au parti Union Montréal.

Là encore, la présidente de la commission, France Charbonneau, s'est portée à la défense du témoin, demandant à l'avocat du parti politique s'il lançait l'allégation durant d'«innombrables heures» à l'aveuglette ou s'il avait des preuves de ce qu'il laissait entendre. L'avocat a soutenu que c'est ce qui lui avait été rapporté par une personne qu'il n'a pas identifiée.

M. Dumont a répliqué qu'il avait même offert sa démission, après avoir été identifié par le service informatique dans cette histoire de visionnement de sites pour adultes, mais qu'elle avait été refusée.

Avant ces questions portant sur le passé du témoin, l'avocat du parti du maire Gérald Tremblay avait tenté de le coincer sur plusieurs détails, comme des dates et des chiffres.

Il avait réussi à lui faire admettre qu'il s'était trompé sur le nom de la personne morale à laquelle des chèques étaient destinés, soit au «Comité pour Montréal» plutôt qu'à l'Union des citoyens de l'île de Montréal, comme il avait dit préalablement.

Il s'agit des chèques donnés au comité du Non, dans le cadre des référendums sur les défusions municipales. Ces chèques avaient été remis lors d'un petit-déjeuner au club Saint-Denis auquel le maire Tremblay prenait la parole. Il importe de noter que l'Union des citoyens de l'île de Montréal appuyait le Comité pour Montréal, c'est-à-dire le comité du Non aux défusions municipales.

Le témoignage de M. Dumont a pris fin mercredi après-midi.

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