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30/10/2012 01:04 EDT | Actualisé 30/12/2012 05:12 EST

Le maire de Montréal a ignoré le financement occulte de son parti (témoin)

Un ancien cadre du parti du maire de Montréal a accusé mardi ce dernier, Gérald Tremblay, d'avoir fermé les yeux sur le financement illégal de sa formation, qui aurait tenu une caisse noire alimentée notamment par des proches de la mafia sicilienne.

Union Montréal, le parti de M. Tremblay (en poste depuis 2001) a organisé une comptabilité officieuse et une autre officielle afin de dissimuler l'origine douteuse de certains financements ainsi que l'utilisation réelle des fonds, a déclaré Martin Dumont à une commission d'enquête publique.

Ex-responsable des levées de fonds du parti, il a expliqué avoir identifié des pratiques troubles lors d'un scrutin en 2004. Mais alors que le responsable des finances de la formation lui annonçait l'existence de ces deux budgets, en présence du maire, ce dernier "s'est levé et a dit: +Moi j'ai pas à savoir ça+", a raconté M. Dumont.

Ce système permettait de taire le versement "d'enveloppes" de milliers de dollars par des personnes proches de la mafia et du milieu du BTP.

M. Dumont a fait ces déclarations devant une commission d'enquête qui cherche à faire la lumière sur les stratagèmes de corruption utilisés dans l'industrie du bâtiment à Montréal et dans sa région, y compris leurs liens avec le financement de partis politiques.

Appels d'offres truqués, cartel dirigé par des hommes d'affaires d'origine italienne, fonctionnaires corrompus et hommes politiques redevables de la mafia, les premiers témoignages ont confirmé les enquêtes menées par certains médias.

Mais malgré ce déballage rocambolesque, le maire de Montréal persiste et signe: "C'est totalement faux!", a-t-il encore lancé à la presse mardi, agacé. Depuis que les révélations se succèdent, l'édile jure qu'il n'a jamais eu vent des pratiques illégales en cours dans son administration.

La pression ne cesse pourtant de s'accroître sur lui: un autre témoin a notamment affirmé lundi que le vaste système d'appels d'offres truqués, en vigueur pendant plusieurs années dans le BTP, impliquait nul autre que l'ancien numéro 2 de la mairie, qui fut son bras-droit pendant six ans.

sab/lor

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