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30/10/2012 08:24 EDT | Actualisé 30/12/2012 05:12 EST

Le déficit budgétaire au centre des négociations de l'Egypte avec le FMI

La réduction du déficit budgétaire de l'Egypte et une réforme de son lourd système de subventions sont au coeur de discussions pour l'obtention d'un prêt du Fonds monétaire international, crucial pour sortir ce pays de la crise, a indiqué un responsable du Fonds.

Une mission d'experts du FMI est arrivée lundi soir au Caire pour entamer mardi des négociations sur une demande de prêt de 4,8 milliards de dollars formulée en août par le gouvernement du président islamiste Mohamed Morsi, élu en juin et confronté à une situation économique préoccupante.

"Le déficit budgétaire est devenu très important. Il doit être réduit" pour "refléter la réalité économique", a déclaré le directeur du département Moyen-Orient du FMI, Masood Ahmed, dans un entretien publié mardi par Ahram Online, le site internet du quotidien gouvernemental égyptien al-Ahram.

Le déficit budgétaire égyptien atteint 11% du PIB sur l'année fiscale 2011/2012, en raison notamment d'un onéreux système de subventions destiné à maintenir des prix bas pour certains produits, en particulier les carburants à la pompe qui sont en Egypte parmi les moins chers du monde.

Les subventions aux produits pétroliers "sont une des raisons majeures qui expliquent pourquoi le déficit budgétaire est si élevé" et "tout le monde reconnaît qu'il faut s'attaquer au problème", a ajouté le responsable du FMI.

Il a toutefois souligné que la réduction des subventions "devra se faire de manière à minimiser l'impact sur la croissance et à protéger les pauvres".

M. Ahmed relève notamment que les subventions à tous les types de carburants "bénéficient en définitive davantage aux riches qu'aux pauvres", car elles concernent aussi le type d'essence (octane 95) utilisé par les voitures haut de gamme "qui ne sont pas celles des gens ordinaires".

Il note aussi que "les hôtels qui utilisent de l'électricité subventionnée pourraient facilement supporter de la payer au coût réel".

L'Egypte, qui doit présenter un programme de réformes au FMI, espère que les discussions sur ce prêt pourront aboutir d'ici la fin de l'année.

De précédentes négociations sur un montant de 3,2 milliards de dollars engagées après la chute de Hosni Moubarak en février 2011, avaient tourné court faute de volonté du pouvoir militaire de l'époque d'y donner suite.

Outre le soutien à un programme de réformes, le prêt du FMI est jugé indispensable pour restaurer la confiance des investisseurs étrangers qui ont largement déserté l'Egypte après le départ de M. Moubarak, et pour débloquer des prêts supplémentaires auprès d'autres institutions financières.

cr/cco/mml

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