DIVERTISSEMENT
30/10/2012 01:08 EDT | Actualisé 30/12/2012 05:12 EST

Ingrid St-Pierre lance son 2e album (ENTREVUE)

Courtoisie

Après avoir endisqué un premier opus encensé par la critique, fait la première partie de Robert Charlebois au Québec et en France, reçu le prix de l'auteur-compositeur-interprète féminin de l'année au Festival Pully-Lavaux en Suisse, en plus de trois nominations au dernier Gala de l'ADISQ, Ingrid St-Pierre continue sur sa lancée en présentant son tout nouvel album, L'Escapade.

Depuis l'époque où la blondinette chanteuse apprenait le métier dans les églises et en chantant des soirées entières dans les cafés de Trois-Rivières, le grand public s'est approprié ses ritournelles. «Sur YouTube, plusieurs de mes chansons sont reprises par des jeunes femmes au piano, des garçons à la guitare et même un petit pou de trois ans. Ça me touche énormément de voir ça. En spectacle, lorsque je vois les gens fredonner mes paroles, je me mets à chanter moins fort et on termine la chanson ensemble. C'est magique.»

Avec L'Escapade, St-Pierre offre un album dans la continuité de Ma petite mam'zelle de chemin: une parcelle de fragilité, un soupçon de dérision, quelques poussières de mélancolie, des cordes qui nous enveloppent de tendresse et une voix aérienne qui fait la bise à son piano. À cette savoureuse légèreté musicale s'ajoutent les voix de plusieurs amies qui forment une chorale l'instant d'une chanson et la présence lumineuse d'un instrument de musique traditionnel chinois, le ehru. «J'ai voulu garder une ambiance d'automne, de chandails de laine, de foulards et de thé chai. J'ai écrit plusieurs de mes chansons dans les cafés du Mile-End, dans un chalet en Mauricie et dans le Chinatown. J'allais m'installer avec mes écouteurs et mon cahier, en secret dans ma bulle, avec les gens qui bougeaient autour de moi, et je composais.»

Émotive, intense, s'émerveillant pour les petits riens et passant d'une émotion à l'autre sans réfléchir, Ingrid St-Pierre avait envie d'écrire sur des sujets plus graves, mais sans jamais être lourde. «Dans le deuxième album, il est beaucoup question de départs. Je me mets dans la peau d'un proche qui vient de perdre son père pour lui témoigner mon amitié. Je raconte l'histoire de plusieurs femmes résilientes qui m'ont inspiré. J'écris à ma petite sœur en lui parlant de notre famille tissée serrée. J'ai aussi de nouvelles chansons d'amoureux écrites à ma façon et une pièce instrumentale qui me donne l'impression de faire un road trip à l'étranger.»

Lors de la création, l'auteur-compositeur-interprète refusait d'enregistrer ses chansons tant et aussi longtemps qu'elles n'avaient pas débuté leur vie en dehors de son salon. «J'ai besoin que les gens entendent mes chansons avant de les immortaliser. En les testant en spectacle, j'arrive à mieux les sentir et je les fais évoluer par petits bouts, sans trop déroger du noyau initial.» Pour être certaine de rester fidèle à l'émotion de départ, la chanteuse a une méthode bien personnelle. «Je filme l'environnement dans lequel je compose, j'archive les embryons de mes chansons et je retourne les consulter avant d'enregistrer. Comme ça, je peux voir comment elles ont évolué.»

Au cours des prochains mois, Ingrid St-Pierre trimballera son nouveau matériel aux quatre coins de la province, avant de retourner tâter le marché du reste de la francophonie. «L'Europe m'intéresse beaucoup. Je sens que j'ai besoin de perdre mes repères pour avancer. J'ai longtemps accepté l'image de la petite fille fragile qu'on m'a prêtée, mais je suis rendue plus forte qu'avant et j'ai le goût de foncer.»