Drainville croit que les libéraux veulent retarder une loi sur le financement politique

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QUÉBEC - Les libéraux multiplient les réticences pour retarder l'adoption d'un nouveau système de financement politique, soupçonne le ministre des Institutions démocratiques, Bernard Drainville.

M. Drainville s'en est pris mardi à ses adversaires, qui ont émis des réserves cette semaine concernant sa proposition de plafonner à 100 $ les contributions aux partis politiques provinciaux.

Les libéraux semblent vouloir gagner du temps en réclamant des études sur le sujet et en posant des questions, a déclaré le ministre en se rendant à une réunion des députés péquistes à l'Assemblée nationale.

«On trouve que ça ressemble beaucoup à une stratégie pour gagner du temps et pour retarder l'adoption d'un nouveau système de financement des partis politiques, a-t-il dit. Les libéraux, ils ont la chance de faire amende honorable, ils ont la chance de démontrer qu'ils veulent vraiment nettoyer le système de financement des partis politiques.»

Selon le ministre, les libéraux devraient saisir l'occasion de collaborer avec le gouvernement, qui a l'intention de déposer un projet de loi qui réduirait le maximum actuel fixé à 1000 $ depuis 2010, et permettrait aux partis de se partager les 6 millions $ en crédits d'impôts aux électeurs qui versent des contributions.

«Les premiers signaux qu'on a, c'est qu'ils posent des questions plutôt que de poser des gestes, a-t-il dit. Les Québécois s'attendent à ce qu'on bouge sur les questions d'intégrité. Ils s'attendent à ce qu'on bouge pour nettoyer le système, pour mettre fin aux prête-noms et à l'influence des collecteurs de fonds.»

Lundi, le leader parlementaire libéral Robert Dutil a évoqué des effets pervers qui pourraient découler du plafonnement à 100 $.

M. Dutil a refusé de prendre position, mais il a cité un avis indiquant que cette mesure stimulerait plutôt le financement occulte, les «enveloppes brunes».

En se rendant à une réunion du caucus péquiste, M. Drainville a déploré que les libéraux envoient de tels signaux d'hésitation.

«Il me semble que c'est dans l'intérêt des libéraux de collaborer avec nous, a-t-il dit. S'ils ne le font pas, je pense qu'ils vont être jugés durement par les Québécois.»

M. Dutil n'a pas mis de temps à répliquer à son adversaire péquiste en l'accusant de friser l'outrage au Parlement parce qu'il engage le débat sur un projet de loi qui n'a pas encore été déposé en Chambre.

«Le projet de loi, on ne l'a pas vu, on ne sait pas de quoi il retourne, a-t-il dit. Évidemment, on a entendu tous les échos de ce qu'il a dit, mais c'est quelque chose qui n'existe tout simplement pas à l'Assemblée nationale et normalement on pourrait même dire que c'est un outrage au Parlement parce que les projets de loi doivent être déposés à l'Assemblée nationale avant que le débat s'entreprenne.»

Alors que M. Drainville hésite à étendre le seuil de 100 $ aux dons perçus au niveau municipal, M. Dutil en a fait une exigence.

Selon le député libéral, des efforts ont déjà été faits pour assainir les pratiques de financement au provincial et les problèmes constatés au municipal découlent de la difficulté à trouver des dons.

«Être ministre c'est compliqué, s'il n'est pas capable de faire des affaires compliquées, qu'il débarque de là, a-t-il dit. C'est compliqué être ministre, les affaires simples sont réglées. Qu'il nous amène une loi en même temps sur le financement des partis politiques municipaux, c'est là l'essentiel du problème.»

La Coalition avenir Québec est favorable à un abaissement du plafond à 100 $ mais réclame aussi une limite aux dépenses électorales.

Pour M. Dutil, les attaques répétées de M. Drainville contre les libéraux, au cours des derniers jours, visent à faire diversion sur les débuts difficiles du gouvernement.

«Il semble vouloir distraire l'opinion publique de leur catastrophique départ comme gouvernement, a-t-il dit. Ça semble être ça le spin: 'nous autres, ça va mal nos affaires, alors on va attaquer les libéraux'.»

La semaine dernière, M. Drainville avait exigé des excuses des libéraux en raison du temps qu'ils ont mis pour mandater la commission sur la construction présidée par France Charbonneau.

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