NOUVELLES
30/10/2012 10:52 EDT | Actualisé 30/12/2012 05:12 EST

Dans le sud de Manhattan, la vie est paralysée par le manque d'électricité

La vie était paralysée mardi dans le sud de Manhattan toujours sans électricité, mais les New-Yorkais prenaient les choses avec calme et se préparaient à une journée au ralenti sans pouvoir pour la plupart aller travailler.

En début de matinée, il tombait encore une fine bruine mais le vent était tombé. L'eau qui avait envahi les abords de l'Hudson et de l'East River lundi dans la nuit, au passage de l'ouragan Sandy, a reflué. On croise un arbre abattu en travers d'une rue jonchée de feuille, de détritus et de branches.

Ici, une vitrine a volé en éclat, là, un échafaudage s'est effondré. Des grillages se sont envolés. Quelques pâtés de maison ont été isolés par des cordons policiers.

Malgré tout, les dégâts matériels semblent limités. C'est surtout les coupures d'électricité et parfois d'eau, qui durent depuis plus de douze heures, qui paralysent la vie des habitants du quartier.

Tous les magasins, tous les restaurants, tous les bureaux sont fermés. Broadway, l'une des artères les plus commerçantes de New York, qui grouille généralement de touristes et vrombit de voitures, est déserte.

Dans le quartier de Tribeca, les vitrines des nombreux restaurants sont consolidées avec du ruban isolant, qui couvre les citrouilles, squelettes en papiers et autres décorations pour la fête d'Halloween. Celle-ci, qui a normalement lieu mercredi et est attendue par tous les enfants américains avec impatience, est fortement compromise cette année.

Il n'y a pas de bruit dans les rues, à part quelques sirènes qui hurlent, générateurs qui grondent, et le bruit du vent.

On croise des joggers imperturbables, des passants qui promènent leur chien, comme Con Williams, 44 ans.

"Il n'y a pas d'électricité chez moi mais j'ai tout prévu. Pile, lampes électriques, nourriture, eau. On a même un générateur. Nous venons de Floride alors on a l'habitude, on essuie 3 à 4 tornades par an", raconte cet homme roux à la barbe de trois jours.

"Ici à New York, c'est plus compliqué à gérer car les infrastructures sont si vieilles, ça prend du temps pour les réparer", ajoute ce publicitaire, qui prévoit de rester chez lui à "lire des livres aujourd'hui. La publicité attendra".

Tommy Flynn, photographe de 57 ans, en blouson de cuir et catogan, compte aussi rester chez lui. Il se dit prêt à tenir plusieurs jours sans électricité. "Ma copine et moi nous avons fait des stocks d'eau, de nourriture non périssable, de piles, bonbons et chocolat. Et puis on n'a nulle part d'autre où aller".

Kyle Kaminski, 25 ans, est moins chanceux: il n'a pas d'eau chez lui. "La pompe de l'immeuble marche à l'électricité et nous sommes au 8e alors ça ne monte plus", raconte-t-il devant l'immeuble ATT situé juste en dessous de Canal Street.

"Je travaille là, je suis venu voir s'il y avait de l'électricité pour charger mon ordinateur et mon téléphone portable, mais non," explique cet analyste en immobilier commercial.

Avec sa petite amie, il tente de trouver un taxi pour aller faire quelques emplettes dans le nord de Manhattan, où le courant n'est pas coupé.

Pour ceux qui n'ont pas fait assez de stocks chez eux, trouver de la nourriture et de l'eau est la priorité. Dans l'une des rares supérettes ouvertes de Soho, les gens font la queue dans le noir pour s'acheter un café et un bagel.

Se déplacer est une autre gageure. Quelques chanceux à vélo doublent les passants qui remontent les rues vers le nord en levant désespérément le bras pour tenter d'arrêter un hypothétique taxi.

Quand Margarita SeeBer, infirmière, voit un taxi freiner, elle pique un sprint pour l'attraper. Son petit ami Francisco Albistor, 30 ans et Argentin comme elle, s'engouffre avec elle.

Pour ce couple qui vient pour la première fois à New York, les vacances sont un peu gâchées.

"Nous sommes arrivés dimanche matin, nous n'avions rien entendu avant de partir de Buenos Aires. Nous sommes à l'hôtel Mondrian de Soho, il n'y a ni eau, ni électricité. On nous a distribué des bouteilles d'eau. Il n'y a presque rien à manger. On a eu des fruits au petit déjeuner et hier soir rien, une femme de chambre nous a donné du pain et du fromage", explique Maragarita.

Le couple va maintenant tenter de trouver un café ouvert pour se restaurer. Après, ils tenteront de se promener à Central Park, ignorant encore qu'il est fermé.

ved/bd/bdx

PLUS:afp