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Avec Sandy "surprise d'octobre", Obama en vedette, Romney en spectateur

30/10/2012 10:36 EDT | Actualisé 30/12/2012 05:12 EST

Barack Obama a annulé mardi ses engagements de campagne pour mercredi afin de se concentrer sur ses fonctions de président après le passage de Sandy, son adversaire Mitt Romney tentant de s'extraire de sa condition de spectateur à une semaine de la présidentielle.

La "surprise d'octobre", événement capable de bouleverser l'élection présidentielle, a pris cette année la forme d'une dépression post-tropicale massive, qui a frappé de plein fouet le nord-est du pays dans la nuit de lundi à mardi, y faisant une vingtaine de morts et de très importants dégâts, notamment dans le New Jersey et à New York.

Le président a vidé son agenda de mercredi, où il devait se rendre dans l'Ohio (nord), pour se consacrer aux secours aux sinistrés de Sandy. Il n'a tenu aucune réunion électorale depuis samedi, dans une période habituellement saturée de déplacements.

Dans le même temps, M. Romney, qui n'a pas de fonction exécutive, a continué à silloner les Etats clés du Midwest, y compris lundi après-midi à quelques heures de l'arrivée de la méga-tempête Sandy sur la côte Est. Il a transformé une réunion publique mardi à Kettering dans l'Ohio (nord) en rassemblement d'"aide" aux sinistrés.

La complexe mécanique électorale américaine et l'incertitude générale du scrutin rendaient toutefois prématurée toute analyse électorale sur l'impact de la catastrophe sur le résultat du 6 novembre.

Ni M. Romney ni M. Obama ne voulaient paraître exploiter le passage du cyclone à des fins électorales.

"La priorité est la sécurité et l'aide aux victimes", a déclaré à l'AFP un proche de Mitt Romney. "Les décisions de campagne doivent prendre cela en compte". Mais ne pas faire campagne, pour le républicain, signifie se pénaliser à la fin d'une course extrêmement serrée.

De son côté, la présidence a fait savoir que Barack Obama avait été tenu au courant "toute la nuit" des développements de Sandy.

Et il a reçu un hommage aussi inattendu que bienvenu de la part de l'un des plus solides soutiens républicains de Mitt Romney, le gouverneur du New Jersey Chris Christie.

Ce dernier, qui depuis le début de la campagne ne ménage pas ses critiques contre M. Obama, a fait le tour des télévisions mardi matin en félicitant le président pour sa gestion décisive de l'assistance fédérale à son Etat.

"Le président a été formidable. Je lui ai parlé trois fois hier, il m'a appelé la dernière fois à minuit pour me demander ce dont j'avais besoin, et je lui ai demandé d'accélérer la déclaration de catastrophe majeure", a expliqué sur la chaîne MSNBC Chris Christie.

"Il n'a pas parlé une seule fois des élections, et si lui-même, qui est candidat, n'en parle pas, vous pouvez être sûr que les habitants du New Jersey ne s'y intéressent pas non plus", a ajouté le gouverneur sur CNN.

Passé le temps de l'urgence, Mitt Romney pourrait être interrogé sur des propos tenus en juin 2011 sur le rôle de l'Etat fédéral dans les catastrophes, à une époque où le candidat se battait pour convaincre les ultra-conservateurs qu'il était l'un des leurs.

Certains médias rediffusaient un extrait d'un débat dans lequel Mitt Romney semblait remettre en cause le rôle et le financement de l'Agence fédérale chargée des situations de crise (FEMA), dont l'action se révèle cruciale depuis lundi.

"A chaque fois qu'on a l'occasion de prendre quelque chose de l'Etat fédéral et de la confier aux Etats, c'est la bonne direction à prendre. Et si on peut aller encore plus loin et la confier au secteur privé, c'est encore mieux", affirmait-il.

Depuis dimanche, les grandes télévisions ont décroché leur couverture de la campagne. Et les coupures de courant et de téléphone rendent difficile le travail des sondeurs.

L'institut Gallup a confirmé mardi à l'AFP que son sondage politique quotidien était suspendu depuis lundi et qu'il ne reprendrait probablement que jeudi.

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