NOUVELLES
30/10/2012 08:49 EDT | Actualisé 30/12/2012 05:12 EST

Amnesty dénonce la détention d'un poète au Qatar

Amnesty International a dénoncé la détention depuis un an d'un poète au Qatar et appelé à sa libération immédiate s'il est avéré qu'il a été appréhendé pour avoir critiqué le régime.

Dans un communiqué parvenu mardi à l'AFP, l'organisation de défense des droits de l'Homme indique que Mohammed al-Ajami -également connu sous le nom de Mohammed Ibn al-Dheeb- a été arrêté le 16 novembre 2011.

Il est accusé "d'incitation au renversement" du régime, un crime passible de la peine capitale au Qatar, et "d'insulte à l'émir", cheikh Hamad ben Khalifa Al Thani, qui peut lui valoir cinq ans de prison.

Le poète "pourrait être un prisonnier d'opinion et doit être immédiatement et inconditionnellement libéré s'il a été arrêté uniquement pour ses critiques pacifiques", affirme Amnesty.

L'ONG indique que la justice du Qatar lui reprocherait d'avoir écrit en 2010 un poème critiquant l'émir, mais que selon des militants du Golfe, la véritable raison de son arrestation est son "Poème du jardin", écrit en 2011 alors qu'avait commencé le Printemps arabe.

Ce poème rend hommage à la révolution tunisienne et exprime l'espoir que le changement touche d'autres pays arabes, affirmant "nous sommes tous la Tunisie face à une élite répressive".

Selon le communiqué, son procès tenu à huis clos devant la cour criminelle de Doha a été entaché d'irrégularités.

"Le Qatar doit alléger les restrictions sur la liberté d'expression et s'assurer que les poètes, les blogueurs, les journalistes et autres sont autorisés à exprimer leur opinion sans crainte d'être emprisonnés", ajoute l'ONG.

Richissime état gazier du Golfe, le Qatar a été épargné par la vague de contestation qui a soufflé sur le monde arabe.

Pour sa part, Human Rights Watch a estimé que le cas de ce poète emprisonné "apporte une nouvelle preuve de la politique de deux poids, deux mesures pratiquée par le Qatar concernant la liberté d'expression".

Le Qatar abrite depuis 2008 le centre de Doha pour la liberté de la presse, visant à promouvoir la liberté et le journalisme de qualité au Qatar et dans la région. Il est aussi, a rappelé l'ONG, le siège de la chaîne Al-Jazeera, qui s'est targuée d'avoir contribué au Printemps arabe.

Selon un communiqué de l'organisation, la prochaine audience dans le procès du poète est fixée au 29 novembre.

HRW a appelé l'émir du Qatar à ne pas approuver un projet de loi sur l'information à moins que les articles pénalisant toute critique du Qatar ou des gouvernements des pays voisins soient supprimés.

Le projet de loi, approuvé par le conseil de la Choura (organe consultatif) en juin 2012, "est incohérent avec la prétention du Qatar d'être un centre pour la liberté des médias dans la région", affirme l'ONG.

bur/at/cco

PLUS:afp