NOUVELLES
30/10/2012 08:03 EDT | Actualisé 30/12/2012 05:12 EST

A New York, Breezy Point noyé dans les flammes et sous les eaux par Sandy

Une maison peut être en même temps inondée et la proie des flammes, ont pu constater les habitants traumatisés du quartier de Breezy Point à New York, dévasté par le passage de l'ouragan Sandy.

Mardi, des flammes orange continuaient à lécher ça et là des décombres noircis --tout ce qui reste du front de mer de Breezy Point.

Plus de 80 maisons sont parties en fumée alors que des centaines d'autres alentour étaient inondées et endommagées par les rafales de vent dues à Sandy, qui a frappé le nord-est des Etats-Unis lundi soir.

La maison de Carol Anderson, 53 ans, a échappé au feu mais a subi de sérieux dégâts avec la brusque montée des eaux provoquée par l'ouragan. Elle a du mal à se repérer dans les amas de ruines.

"Voila Ocean Avenue" dit-elle avec une hésitation, cherchant son chemin parmi les poutres calcinées et les fils électriques et téléphoniques qui pendent lamentablement. "Quel désastre, on dirait une zone de guerre", soupire-t-elle.

Près de là, des pompiers arrosent un mur qui brûle encore. La fumée est partout et des flammes brillent en haut d'un poteau télégraphique, comme une chandelle macabre.

On ne sait pas encore ce qui a provoqué cet incendie au milieu d'un ouragan, avec ses pluies intenses et ses bourrasques.

Rob Kirk, un résident de longue date qui installe justement des systèmes d'arrosage anti-incendie, explique que les murs des maisons du quartier étaient censés résister au feu pendant deux heures.

Mais c'était sans compter avec les vents violents soufflés par Sandy, jusqu'à 150 km/h.

"Quand le vent attise ainsi les flammes comme une lampe à souder, c'est plutot cinq minutes que deux heures", reconnaît M. Kirk, 55 ans. Sa propre maison a échappé de peu aux flammes mais pas à l'inondation.

Presque toutes les rues de Breezy Point, qui compte 5.000 habitants et davantage encore l'été, étaient toujours inondées plusieurs heures après le passage de Sandy. Des voitures emportées par les flots jonchaient le sol et, par endroits, des meubles se retrouvaient en pleine rue. Un banc de jardin a atterri sur le toit d'un pick-up rouge vif et des paniers de basket dans un abribus.

L'impression d'assister à une scène de guerre est renforcé par le passage d'un gros Hummer de la Garde nationale, couleur camouflage, qui rejoint de nombreux véhicules de secours, tandis qu'un hélicoptère de l'armée survole les lieux.

Le maire de New York Michael Bloomberg, en visite mardi pour constater les dégâts en compagnie du sénateur Chuck Schumer, est interpellé par une femme qui se retrouve à la rue et lui demande s'il peut l'héberger. Le maire, multi-millionnaire, s'en tire par une pirouette: "Je ne pense pas que ma compagne apprécierait".

Policiers et pompiers ont travaillé toute la nuit pour éteindre l'incendie et évacuer les résidents sur des canots pneumatiques.

Pour Dan O'Leary, 62 ans, les habitants de Breezy Point sont conscients de la puissance dévastatrice de la nature. Mais lui-même n'aurait jamais imaginé de telles destructions: "Quand on vit en bord de mer, on s'attend à être inondé, on peut s'accommoder de l'eau, mais pas du feu". "C'est un quartier où les gens sont très proches, ça donne envie de pleurer", ajoute-t-il.

"C'est le prix à payer pour vivre sur l'eau. Ce que Dieu a donné, il peut le reprendre", conclut Rob Kirk.

sms/avz/mdm

PLUS:afp