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29/10/2012 04:22 EDT | Actualisé 29/12/2012 05:12 EST

Syrie: 60 frappes aériennes dans la journée de lundi, selon les militants

BEYROUTH - Les avions de combat de l'armée syrienne ont effectué une soixantaine de frappes contre les rebelles à travers le pays lundi, ce qui constituerait la plus intense campagne de bombardements aériens depuis le début de l'insurrection, soutiennent des militants opposés au régime de Bachar el-Assad.

Les banlieues de la capitale syrienne, Damas, ont été particulièrement éprouvées par ces manoeuvres militaires.

Selon des militants, au moins 500 personnes ont été tuées pendant la supposée trêve de quatre jours qui prenait fin lundi — les Nations unies avaient appuyé l'idée d'un cessez-le-feu, mais celui-ci n'a pas été respecté. Le bilan des morts, pour la journée de lundi, s'établissait à quelque 80 personnes, toujours selon les militants.

Un responsable du gouvernement a affirmé qu'un véhicule bourré d'explosifs avait tué 10 personnes dans une banlieue de Damas. Des images diffusées à la télévision témoignaient de la force de la déflagration.

Une autre voiture piégée a explosé dans un quartier de Damas où les rebelles sont très actifs, a annoncé une agence de presse contrôlée par l'État. L'explosion aurait fait plusieurs victimes.

La journée de lundi devait marquer la fin de la trêve, laquelle devait coïncider avec les festivités entourant l’Aïd al-Adha, l'une des fêtes les plus sacrées du calendrier musulman. Sur le terrain, les hostilités n'ont toutefois jamais cessé.

L'armée syrienne a prévenu tard dimanche soir qu'elle s'attaquerait «à tout ce qu'il reste de terroristes avec une main de fer» après que ceux-ci eurent «violé le cessez-le-feu de façon répétée».

Or, le régime de Bachar el-Assad n'a pas respecté lui non plus la trêve, d'après l'Observatoire syrien des droits de l'homme.

Et les bombardements de lundi sont de loin les plus intenses à survenir depuis le début du soulèvement, en mars dernier, a signalé Rami Abdul-Rahman, directeur de l'Observatoire.

Ces manoeuvres témoignent du «désespoir complet» du régime, a affirmé Muhieddine Lathkani, membre du Conseil national syrien, le principal groupe de l'opposition en exil, et elles montrent que l'armée est incapable de reprendre le contrôle des secteurs perdus aux mains des rebelles.

Le secrétaire général des Nations unies, Ban ki-Moon, s'est dit déçu de l'échec de la trêve et a invité la communauté internationale à s'unir. Depuis la Corée du Sud, il a déclaré que les Nations unies tâchaient toujours de trouver une solution diplomatique à ce sanglant conflit.

«Je suis profondément déçu que les deux camps aient échoué à respecter l'appel à suspendre les combats. Cette crise ne peut pas être résolue avec d'autres armes et de nouvelles effusions de sang», a -t-il déclaré.

«Aussi longtemps que la communauté internationale est divisée, les besoins, les attaques et les souffrances augmenteront.»

L'envoyé spécial des Nations unies et de la Ligue arabe, Lakhdar Brahimi, qui avait proposé un cessez-le-feu avec le soutien du Conseil de sécurité de l'ONU, a déclaré que cet échec ne le décourageait pas.

«Nous continuerons à travailler aussi dur que nous le pouvons, en coopérant avec tous à l'intérieur de la Syrie et l'extérieur, pour faire baisser le niveau de la violence et y mettre fin», a-t-il déclaré à la presse depuis Moscou.

D'après les rebelles, plus de 35 000 personnes sont mortes depuis le début du conflit en Syrie il y a 19 mois.

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