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29/10/2012 08:31 EDT | Actualisé 29/12/2012 05:12 EST

Sandy touche terre dans le New Jersey, les Etats-Unis frappés de plein fouet

Le centre du cyclone Sandy a touché terre lundi soir dans le New Jersey, sur la côte est des Etats-Unis, déjà frappée de plein fouet par des pluies diluviennes et de violentes bourrasques de vent.

La paralysie de la région la plus densément peuplée du pays et le chaos annoncé - plusieurs millions de foyers sont privés d'électricité selon les médias américains - ont mis en suspens la campagne électorale à huit jours de l'élection présidentielle.

"Le cyclone post-tropical Sandy a touché terre près d'Atlantic City vers 20H00" (00H00 GMT), a indiqué le NHC dans un bulletin spécial. Ses vents violents ont légèrement faibli, à 130 kilomètres par l'heure contre 150 précédemment, mais ils se faisaient sentir jusqu'à près de 800 kilomètres à la ronde. Son oeil (le centre) se trouvait à 10 kilomètres d'Atlantic City, le "Las Vegas de la côte est", où ses effets se sont fait sentir dès le matin.

"La priorité est de faire en sorte de sauver des vies", a déclaré Barack Obama lors d'une allocution à la Maison Blanche à l'issue d'une réunion de crise. L'interruption de sa campagne à un moment crucial lui permet d'endosser le costume présidentiel et de rappeler qu'il est le "Commander in chief", loin de l'inertie reprochée à George W. Bush lors de l'ouragan Katrina en 2005.

Le candidat républicain Mitt Romney a de son côté annulé ses réunions électorales prévues à partir de lundi soir "par respect pour les millions d'Américains" menacés par la colossale dépression dont les effets devraient se faire sentir pendant plusieurs jours.

Le NHC a précisé que Sandy, qui a déjà fait 67 morts dans les Caraïbes, n'était plus désormais un ouragan --c'est-à-dire un cyclone "tropical"-- mais un cyclone "post-tropical", porteur de vents ayant toujours la force d'un ouragan. Car Sandy n'est plus alimenté par la chaleur de l'océan mais par des différences de températures liées à sa rencontre avec un front froid venu du nord.

Le long de la jetée d'Atlantic City, casinos, bars et hôtels clinquants qui accueillent chaque année plus de 30 millions de visiteurs étaient barricadés derrière des planches et des sacs de sable. La police a fermé toutes les routes menant à la ville.

La tempête affecte aussi la production d'électricité de l'Etat: deux réacteurs nucléaires, produisant la moitié des besoins du New Jersey, sont menacés de fermeture en raison de la montée des eaux.

Dans la zone affectée par la tempête, les ports et raffineries ont déjà été fermés ou ont fortement réduit leur activité.

A New York, les ponts enjambant l'East River, dont le célèbre Brooklyn bridge, ont été fermés lundi à partir de 19H00 (23H00 GMT), a annoncé le maire Michael Bloomberg, tandis que des dizaines de milliers de New-Yorkais étaient privés d'électricité.

La pression atmosphérique, de 940 hectopascals selon le NHC, est la plus basse jamais enregistrée sous cette latitude aux Etats-Unis, selon le météorologue Brad Panovich.

Selon les services météorologiques, c'est l'étendue massive de la tempête, sa faible vitesse de déplacement, et sa confluence avec un front froid venu du Canada qui la rendent particulièrement dangereuse.

"Ca va être long. Les jours à venir vont être difficiles. Des gens (...) vont être tués pendant la tempête", a mis en garde le gouverneur du Maryland, Martin O'Malley.

En mer, la tempête a provoqué la perte d'un trois-mâts, le HMS Bounty, réplique de la célèbre frégate anglaise dont l'équipage s'était mutiné au XVIIIe siècle. Sur un équipage de 16 personnes, 14 ont été secourues, une a été retrouvée inanimée et une dernière, le capitaine du navire, était toujours recherchée.

La compagnie Amtrak a suspendu toutes ses liaisons ferroviaires et routières sur la côte tandis que plus de 12.000 vols intérieurs et internationaux ont été annulés, selon le site internet flightaware.com.

Dans le centre de Manhattan, à New York, une grue au sommet d'un immeuble de 90 étages en construction s'est partiellement effondrée sous l'effet des bourrasques.

Dans les zones bordant l'East et l'Hudson River à Manhattan, à Brooklyn et Staten Island, nombre des 375.000 habitants sommés d'évacuer ont préféré se barricader chez eux.

Une erreur, selon Barack Obama qui a appelé à la prudence: "Ecoutez les autorités locales: quand elles vous disent d'évacuer, vous devez évacuer. (...) Ne discutez pas les instructions que l'on vous donne".

"Je crois que tout ira bien pour nous, mon immeuble peut résister à des vents de 200 km/h", tentait pourtant de rassurer Candace Ruland, une New-Yorkaise de 67 ans, sortie prendre des photos de la montée des eaux dans le quartier de Battery Park, dans le sud de Manhattan.

Les dommages causés par Sandy pourraient s'élever à 10 à 20 milliards de dollars de dégâts, selon le cabinet d'études en gestion du risque Eqecat.

Dans la capitale fédérale Washington, les fonctionnaires et écoliers ont été à nouveau appelés à rester chez eux mardi. Le maintien mardi de la suspension des transports publics faisaient l'affaire des taxis qui facturaient un supplément de 15 dollars pour "situation d'urgence".

Sandy devrait se faire sentir loin dans les terres. Les montagnes de Virginie occidentale devraient se couvrir d'un mètre de neige tandis que les vagues du lac Michigan, à plus de 1.000 kilomètres de l'Atlantique, pourraient atteindre 10 m de hauteur, selon la météo nationale (NWS).

bur/are/jca

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