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29/10/2012 08:42 EDT | Actualisé 29/12/2012 05:12 EST

Première visite de Netanyahu en France depuis l'élection de Hollande

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu se rend mercredi en France pour sa première visite depuis l'arrivée de François Hollande à l'Elysée, qui doit être dominée par la crise nucléaire iranienne et la lutte antiterroriste.

M. Netanyahu, qui vient d'entrer en campagne électorale, sera reçu mercredi en fin de matinée par le président français, avec lequel il aura un déjeuner de travail, avant de rencontrer dans l'après-midi le Premier ministre Jean-Marc Ayrault et le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius pour des réunions de travail, selon un conseiller diplomatique à l'Elysée.

Jeudi, il doit rendre à Toulouse (sud-ouest de la France) afin de participer à une cérémonie commémorative à l'école juive Ozar Hatorah où un enseignant et trois enfants franco-israéliens avaient été tués le 19 mars par un Français d'origine algérienne, Mohamed Merah. Il s'entretiendra ensuite avec des représentants de la communauté juive de la Ville rose.

"M. Netanyahu se réjouit de cette visite qui sera sa première opportunité d'avoir une conversation avec le président Hollande. Il espère bâtir une bonne relation de travail avec le président français", a déclaré à l'AFP un proche du Premier ministre israélien.

Depuis son entrée en fonction, en mai dernier, le président français s'est entretenu par téléphone avec M. Netanyahu mais sans avoir encore eu l'occasion de le voir en face à face. François Hollande a rencontré à deux reprises son homologue palestinien Mahmoud Abbas alors que le processus de paix israélo-palestinien est au point mort depuis plus de deux ans.

Selon plusieurs officiels israéliens, la question du programme nucléaire controversé de l'Iran sera en tête des priorités israéliennes lors des discussions entre les deux dirigeants.

"La France reste un pays très important dans le dispositif occidental face à la bombe iranienne. Netanyahu veut évidemment s'entretenir du dossier iranien avec François Hollande, surtout après son discours à l'ONU fin septembre", a expliqué à l'AFP un responsable israélien sous couvert de l'anonymat.

Benjamin Netanyahu, après avoir maintes fois brandi la menace d'une attaque imminente contre les installations nucléaires iraniennes, a dans son discours à l'ONU, implicitement repoussé cet éventuel scénario au printemps, voire à l'été 2013, laissant du temps aux sanctions internationales.

Il a récemment salué l'adoption par l'Union européenne (UE) de nouvelles sanctions, financières et commerciales contre Téhéran.

Un conseiller diplomatique de l'Elysée a pour sa part affirmé que l'Iran "ferait partie des sujets évoqués" lors des entretiens.

"La réunion de travail portera sur l'approfondissement des relations bilatérales, la relance du processus de paix et les bouleversements en cours dans le monde arabe", a-t-il déclaré.

Concernant les négociations avec les Palestiniens, au point mort depuis plus de deux ans, un proche de Netanyahu a déclaré que nous "discuterons aussi évidemment des possibilités de relancer le processus de paix".

"La seule vraie pomme de discorde entre MM. Netanyahu et Hollande est l'absence de négociations avec les Palestiniens et la poursuite de la colonisation israélienne", estime Denis Charbit, professeur de sciences politiques.

La rencontre survient dans une période "relativement bonne" des relations franco-israéliennes, note M. Charbit, en raison notamment de la détermination dont fait preuve le ministre français de l'Intérieur Manuel Valls dans la lutte contre les actes antisémites et les réseaux salafistes en France.

C'est dans ce contexte que le chef du gouvernement israélien se rendra à Toulouse pour un hommage aux victimes de Mohamed Merah.

"M. Netanyahu veut lancer un message de solidarité avec les victimes du terrorisme, à la fois les victimes juives et non juives du terrorisme, et il veut souligner l'importance d'une action internationale unifiée contre le terrorisme", souligne-t-on dans l'entourage du Premier ministre.

Les quatre victimes de la tuerie de Toulouse, dont trois avaient la double nationalité française et israélienne, ont été enterrées en Israël dans un climat de vive émotion.

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