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29/10/2012 06:12 EDT | Actualisé 29/12/2012 05:12 EST

Les Coptes d'Egypte votent pour leur prochain patriarche

Le clergé et des représentants des fidèles coptes d'Egypte ont voté lundi en vue de la désignation dimanche du prochain chef spirituel de la plus grande communauté chrétienne du Moyen-Orient, futur interlocuteur d'un pouvoir désormais dominé par les islamistes.

Les membres d'un collège de près de 2.500 religieux et personnalités laïques coptes ont déposé leurs bulletins tout au long de la journée à la cathédrale Saint Marc du Caire, siège de cette église orthodoxe.

Cinq prétendants -deux évêques et trois moines- sont en lice pour succéder au patriarche Chenouda III, très populaire parmi les fidèles, qui s'est éteint en mars à l'âge de 88 ans.

Conservateur sur les questions de dogme, il fut aussi un défenseur infatigable d'une communauté qu'il a dirigée pendant quatre décennies.

Le vote de lundi vise à choisir trois finalistes, qui doivent être connus après dépouillement dans la soirée.

Leurs noms seront ensuite écrits sur des morceaux de papier et enfermés dans une boîte. Le 4 novembre, un jeune garçon aux yeux bandés sera chargé de tirer au sort le nom de celui qui deviendra le 118e "Pape d'Alexandrie, Patriarche de toute l'Afrique et du siège de Saint Marc".

L'intervention d'un enfant pour le choix ultime est censée traduire la volonté divine.

"Nous espérons que Dieu nous donnera un homme attentif à nos problèmes, et soucieux de notre unité", a déclaré le père Kirollos, venu voter à la cathédrale.

"Le prochain pape devra suivre la voie de Chenouda, que l'on appelait +le lion+ parce qu'il savait dire non à tout ce qui allait contre l'intérêt de son église", a assuré un autre religieux, Morcos Imsak.

Un autre prêtre, Boktor Nassim, espère quant à lui que le prochain patriarche saura comme Chenouda "avoir des relations spéciales avec tous les groupes, y compris les Frères musulmans".

Les postulants sont l'évêque Raphaël, 54 ans, un médecin de formation et responsable des églises du centre du Caire, l'évêque Tawadros, 60 ans, de la province de Beheira, dans le delta du Nil, le père Raphaël Ava Mina, 70 ans, le père Seraphim al-Souriani, 53 ans, et le père Pachomius al-Souriani, 49 ans.

La disparition de Chenouda III a laissé une communauté inquiète pour sa place dans un pays qui a élu en juin un président issu du puissant mouvement des Frères musulmans, Mohamed Morsi.

"Le nouveau pape arrive à un moment critique", relève un électeur, le père Bichoy.

Le prochain patriarche, qui sera intronisé le 18 novembre, sera le principal interlocuteur de sa communauté auprès du président islamiste, qui a promis pour sa part d'être le "président de tous les Egyptiens". De vifs débats sont notamment en cours sur la place de la charia (loi islamique) dans la future Constitution.

Les Coptes sont estimés entre 6% et 10% des quelque 83 millions d'Egyptiens, dans leur grande majorité musulmans sunnites. Leur église est l'une des plus vieilles de la chrétienté, et leur présence en Egypte remonte à plusieurs siècles avant l'arrivée de l'islam.

Les tensions fréquentes entre les communautés se sont traduites dimanche par des heurts aux abords de l'église d'un village du gouvernorat de Beni Suef, au sud du Caire. Cinq Coptes ont été blessés dans des bagarres avec des musulmans, qui voulaient interdire l'accès de l'église à des chrétiens venus d'autres villages.

Dans la nuit du 31 décembre 2010, un attentat contre une église d'Alexandrie (nord) avait fait une vingtaine de morts, et en octobre 2011 près d'une trentaine de personnes avaient été tuées lors d'affrontements au Caire entre Coptes et forces de l'ordre.

La mise en cause de Coptes vivant aux Etats-Unis dans la réalisation d'un film islamophobe, à l'origine de tensions dans le monde musulman en septembre dernier, a également mis les chrétiens d'Egypte en situation délicate, même s'ils ont été très nombreux à dénoncer cette vidéo.

ht-cr/cco

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