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29/10/2012 08:45 EDT | Actualisé 29/12/2012 05:12 EST

Grèce: un journaliste devant la justice pour avoir publié des données bancaires

Un journaliste grec devait comparaître lundi en flagrant délit devant la cour pénale d'Athènes, accusé d'avoir dévoilé une mystérieuse liste comprenant des détenteurs grecs présumés de comptes bancaires suisses, et que le gouvernement grec lui-même affirmait avoir égaré.

Le journaliste Costas Vaxevanis, 46 ans, est poursuivi en flagrant délit pour le délit de "viol de données personnelles" après avoir publié samedi dans son journal "Hot doc" cette liste comprenant 2.059 noms d'individus, selon une source judiciaire.

Selon le journaliste, la liste provient de documents révélés par un employé de la banque HSBC en Suisse. Elle avait été transmise au gouvernement grec en 2010 par l'actuelle patronne du FMI Christine Lagarde, alors qu'elle était ministre des Finances en France.

M. Vaxevanis a indiqué avoir reçu cette liste via une lettre anonyme dont l'expéditeur affirmait l'avoir reçue d'un homme politique.

Cette liste, surnommée "liste Lagarde" par les médias grecs, provoque depuis des semaines une polémique en Grèce, après que le gouvernement grec eut assuré que la copie originale de la liste avait disparu.

"Au lieu d'arrêter les voleurs et les ministres violant la loi, ils veulent arrêter la vérité", a commenté le journaliste Costas Vaxevanis sur son compte twitter samedi soir, avant son arrestation.

Le ministre grec des Finances de l'époque, George Papaconstantinou, qui était le destinataire de la liste, a affirmé mercredi devant le Parlement qu'il ne savait pas ce qu'il était advenu de la version originale de la "liste Lagarde".

Mercredi, l'actuel ministre des Finances Yannis Stournaras a déclaré avoir demandé à la France d'en renvoyer une copie.

Le nouveau gouvernement de coalition issu des élections de juin avait d'abord exclu d'user contre les auteurs d'évasion fiscale des documents obtenus illégalement, avant de changer d'avis, confronté à la colère croissante de la rue face à une austérité accusée d'épargner les riches et les puissants.

Le journalite poursuivi a reçu le soutien de la branche grecque de l'association Reporter sans frontière (RSF).

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