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29/10/2012 06:23 EDT | Actualisé 29/12/2012 05:12 EST

Avec l'ouragan Sandy, Atlantic City joue gros

Atlantic City, dans le New Jersey (nord-est des Etats-Unis), a beau être une capitale du jeu, à l'approche de l'ouragan Sandy elle n'a pas pris de pari stupide: la plupart de ses 40.000 habitants ont été évacués.

L'arrivée de Sandy est prévue dans la soirée de lundi et déjà les bourrasques de vent et la pluie cinglent la ville qui a inspiré la série télévisée américaine "Boardwalk Empire". Le pire est sans doute à venir: venu de l'Atlantique, Sandy devrait toucher terre sur cette côte du New Jersey, et peut-être même se diriger droit sur Atlantic City.

La police a fermé toutes les routes menant à la ville, sauf pour les véhicules d'urgence et les journalistes. Les autoroutes d'accès et les rues étaient lundi inondées en partie et désertes, à l'exception d'une ou deux équipes de télévision et de policiers.

Atlantic City ressemble à un décor de film catastrophe: au carrefour les feux passent du rouge au vert sans qu'aucune voiture n'en profite, les parkings sont éclairés mais vides, des rigoles d'eau dévalent les rues désertes.

De gigantesques vagues grises montent à l'assaut du rivage. Le long de la jetée, casinos, bars et hôtels clinquants qui accueillent chaque année plus de 30 millions de visiteurs sont barricadés derrière des planches et des sacs de sable.

A l'intérieur, les machines à sous alignées attendent en vain les joueurs. La musique d'ambiance retentit encore, entrecoupée d'encouragements à miser et miser encore. "Détendez-vous, faites-vous plaisir", promettent les slogans publicitaires.

Seuls signes de vie: des patrouilles de police en véhicules tout-terrain et une équipe de télévision dégoulinante de pluie qui filme sur la plage. Même les oiseaux ont disparu.

Mais les casinos fermés sont surveillés de près pour éviter les pillages.

John Conway, 70 ans, garde l'entrée du Caesar's dont les portes aux dorures fanées battent dans le vent malgré les chaînes qui les retiennent.

Vêtu d'un T-shirt marqué "sécurité", il évalue les risques en joueur averti. "Le pire serait qu'un immeuble s'effondre, c'est peu probable. Si ça doit vous tomber dessus, vous n'y pouvez rien. Si vous restez calme peut-être que vous y échapperez. La meilleure façon de mettre la chance de votre côté, c'est de ne pas jouer", philosophe-t-il.

Les irréductibles qui n'ont pas évacué la ville se pressaient lundi dans le dernier bar ouvert: Ducktown Tavern and Liquors, en fait le seul commerce de la ville encore opérationnel.

"Nous avons le soutien de la municipalité pour rester ouvert afin de nourrir la police, les pompiers, etc...", explique le patron, John Exadaktilos, 36 ans.

Une trentaine de personnes, la plupart des policiers, étaient accoudés au comptoir devant des assiettes de poulet frit et autres nourritures roboratives. Seul trace de Sandy à l'intérieur: la pluie qui brouille les vitres et les fuites d'eau du plafond, qui s'écoulent dans des cuvettes en plastique.

Chacun a une bonne raison de rester. Ben Markum, 35 ans, explique qu'il avait une fête à organiser pour Halloween et Pam Wolfe, 54 ans, qu'elle travaille à l'hôpital local. Quant à Dave King, 19 ans, resté avec son frère, "nous sommes des survivants, pour moi c'est un défi", dit-il.

sms/avz/lb

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