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29/10/2012 01:05 EDT | Actualisé 29/12/2012 05:12 EST

A Battery Park, des New-yorkais refusent d'évacuer et défient Sandy

Malgré les avertissements répétés des autorités et un ordre d'évacuation, Blair et Candace ont décidé de rester dans leur quartier de Battery Park, dans le sud de Manhattan, et d'y attendre l'arrivée de Sandy, un des pires ouragans à frapper la côte est des Etats-Unis.

Le maire de New York Michael Bloomberg a décrété dimanche l'évacuation de quelque 375.000 habitants des zones inondables de Manhattan, Brooklyn, Queens et Staten Island. Mais, tout comme l'an dernier quand l'ouragan Irene avait atteint New York, de nombreux résidents ont passé outre.

"L'an dernier je suis partie, je suis allée au nord et j'ai fait un bon dîner, bien arrosé. Cette année, j'ai décidé de rester", explique à l'AFP Candace Ruland. Cette new-yorkaise de 67 ans, dont 30 passés à New York, est sortie pour prendre des photos des premiers dégâts causés par Sandy.

"Je crois que tout ira bien pour nous, mon immeuble peut résister à des vents de 200 km/h", affirme-t-elle. Elle reconnaît cependant que Sandy "est déjà pire qu'Irene" et que la décision d'évacuer son quartier du sud-ouest de Manhattan -- où habitent quelque 10.000 personnes -- "est une bonne idéé".

A côté d'elle, Blair Fensterstock, un avocat de 62 ans, renchérit sur la solidité de l'immeuble. "Cet immeuble est un peu différent des autres car nous avons un générateur donc nous ne risquons pas d'être privés d'ascenseur et de lumière dans les couloirs".

La tour de Candace et Blair compte 110 appartements, dont 60 sont occupés en permanence. Et sur ces 60 occupants, 25 étaient encore là lundi, selon Blair Fensterstock.

Malgré leur "rebellion", les deux voisins approuvent la décision d'évacuation. "Le maire n'a pas le choix, il a pris la bonne décision, il doit se montrer prudent", estime M. Fensterstock.

Michael Bloomberg a fait valoir que les habitants qui refusent d'évacuer mettent aussi en danger les équipes de secours qui pourraient devoir leur venir en aide. La police est venue dimanche dans l'immeuble mais n'a pas cherché à intimider les récalcitrants.

"Il y eu des policiers en faction toute la soirée devant l'immeuble, je suis sorti avec mon chien et j'ai bavardé avec eux. Il n'y a eu ni ordre ni pression", souligne M. Fensterstock.

Dans le quartier voisin de Battery Park, d'où part le ferry qui conduit à la Statue de la Liberté, on ne rencontre guère que quelques équipes de télévision venues filmer la montée des eaux, qui commencent à inonder la chaussée.

Quelques voisins promènent leur chien. L'un deux avoue qu'il habite la zone évacuée mais ne veut pas parler.

Par contre, Connie Anderson, une employée de 30 ans, explique qu'elle ne veut pas partir cette fois-ci parce que l'an dernier, l'ouragan Irene a été rétrogradé en tempête tropicale à l'approche de New York.

"L'an dernier, j'ai accepté d'évacuer et il ne s'est rien passé finalement. Donc cette année je reste chez moi, j'ai assez de provisions en cas d'urgence". "Mon seul souci, dit-elle, c'est l'ascenseur mais je peux m'en passer, j'habite au 15ème".

Les "rebelles" qui défient Sandy ne vivent pas seulement à Manhattan. Rada Ali, un chauffeur de taxi de 36 ans, habite Bay Ridge (Brooklyn, au sud-est de Manhattan). "J'habite à deux pâtés de maison de la mer. Moi non plus, je ne crois pas que ça sera trop dur. Personne n'a évacué mon immeuble, tout est normal dans mon quartier. Hier soir, les boutiques et les restaurants étaient ouverts".

mar/avz/jca

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