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28/10/2012 06:15 EDT | Actualisé 28/12/2012 05:12 EST

Les Lituaniens votent au 2e tour des législatives, la gauche donnée gagnante

Les Lituaniens votent ce dimanche au 2e tour des législatives, avec en perspective une consolidation de la victoire remportée par l'opposition de gauche au 1er tour le 14 octobre, au détriment des conservateurs du Premier ministre sortant Andrius Kubilius.

Les bureaux de vote fermeront à 20h00 (18h00 GMT), dans ce pays balte couvert dimanche d'une couche épaisse de neige. Les résultats seront publiés au fur et à mesure au long de la soirée.

Le taux de participation était de 5,31% à 10h00 locales, à quoi s'ajoutent les 3,52% des électeurs ayant voté en avance.

"Ce que je souhaite pour les 4 prochaines années c'est une vie meilleure. Il faut que le nouveau gouvernement s'occupe des retraités et qu'on ne soit pas obligés de travailler jusqu'à 65 ans", a dit à l'AFP Kazimieras Namenkevcius, employé à l'entretien des routes.

Il reste à pourvoir dimanche 67 sièges sur 141 à la Seimas, le parlement monocaméral lituanien. Le parti populiste du Travail de Victor Uspaskich, arrivé en tête du premier tour, a déjà 18 sièges.

Les sociaux-démocrates d'Algirdas Butkevicius, pressenti comme futur Premier ministre, ont 16 députés et leur petit allié potentiel, le parti d'opposition Ordre et Justice, en a six après le 1er tour. Ce parti populiste de droite est dirigé par l'ex-président Rolandas Paksas, destitué en 2004 pour violation de la Constitution.

Les conservateurs de M. Kubilius, au pouvoir depuis quatre ans, ont été sanctionnés pour leur politique impopulaire d'austérité et n'ont remporté au premier tour que 13 sièges de députés.

"Je vote pour que la continuité des bonnes actions (que nous avons entreprises) soit assurée. Des tâches de grande ampleur attendent cette nouvelle législature, tout d'abord la présidence de l'Union européenne, la poursuite de la réforme fiscale, des projets énergétiques", a-t-il indiqué après avoir voté.

"Même s'ils obtiennent un bon score final, les conservateurs n'auront pas de partenaire pour former une coalition", estime Aine Ramonaite, politologue à l'Institut des relations internationales et des sciences politiques de Vilnius.

La semaine dernière, M. Kubilius a exclu toute coopération avec le parti du Travail, impliqué dans des achats de voix lors du premier tour. Pour cette raison, les résultats dans la circonscription de Zarasai-Visaginas (nord) ont été annulés par la commission électorale et la police a annoncé l'ouverture de 18 informations judiciaires pour fraude électorale.

"La variante la plus probable est que trois partis obtendront un nombre sensiblement égal de sièges. Les négociations pour la coalition pourront durer un certain temps", a estimé M. Kubilius.

Selon Mme Ramonaite, la présidente Dalia Grybauskaite devrait jouer un rôle important dans la distribution des rôles pour le prochain gouvernement. Les chefs du parti du Travail sont actuellement poursuivis en justice pour fraude fiscale et malversations financières. 

Né en Russie, député européen, homme d'affaires ayant fait fortune dans l'importation de gaz russe et ancien ministre de l'Economie, M. Uspaskich est une personnalité controversée en Lituanie. En 2006, faisant l'objet de poursuites judiciaires à la suite de fraudes fiscales au sein de son parti, il a fui en Russie, pour en revenir un an plus tard.

La politique d'austérité de M. Kubilius a permis à la Lituanie de sortir d'une profonde crise économique, alors qu'en 2009 son économie s'était contractée de 14,8%. Les mesures draconiennes du gouvernement conservateur ont permis à ce pays balte de 3 millions d'habitants de renouer avec la croissance en 2010 et son PIB devrait augmenter de 2,5% en 2012.

La gauche a promis la hausse du salaire minimum à 1.509 litas (437 euros), un impôt progressif sur le revenu et une remise à plat des relations avec la Russie, minées aujourd'hui par des exigences de réparation pour les 50 années d'occupation soviétique et une action en justice contre Gazprom qui fait payer trop cher, selon Vilnius, son gaz fourni à la Lituanie.

La future coalition gouvernementale aura une marge de manoeuvre étroite, compte tenu de l'ambition de Vilnius d'adopter l'euro vers 2015 et de mener à bien la présidence lituanienne de l'UE à partir de l'été 2013.

"Quel que soit celui qui remporte les élections, il n'aura pas d'autre voie à emprunter que de poursuivre la consolidation budgétaire", a affirmé Lars Christensen, économiste à la banque Danske, en marge d'une conférence économique jeudi à Vilnius.

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