POLITIQUE
28/10/2012 06:21 EDT | Actualisé 28/12/2012 05:12 EST

Le chef libéral intérimaire Bob Rae veut une enquête sur la campagne de Penashue

CP

OTTAWA - Le chef libéral intérimaire Bob Rae veut qu'une enquête soit menée à propos de ce qu'il qualifie de dépenses irrégulières dans le cadre de la campagne du ministre des Affaires intergouvernementales Peter Penashue lors des dernières élections fédérales.

Dans une lettre adressée au commissaire d'Élections Canada, M. Rae demande une enquête officielle à propos d'une série de transactions douteuses effectuées par l'équipe de campagne de M. Penashue, dans la circonscription de Labrador, lors les élections de 2011.

M. Penashue a indiqué qu'il s'agissait d'erreurs de débutant, et a précisé qu'il travaillait avec Élections Canada après avoir dépensé plusieurs milliers de dollars au-delà des limites permises lors de la campagne.

Un examen effectué par l'organisme fédéral a révélé que le ministre avait dépensé 4000 $ de plus que la limite permise, qui était d'un peu moins de 84 500 $.

La CBC a par ailleurs cité des documents alléguant qu'il avait également obtenu l'annulation de milliers de dollars en frais de transport aérien pour ses déplacements à travers la grande circonscription de Labrador.

M. Rae veut également que le commissaire détermine si un prêt de 25 000 $ offert à M. Penashue par l'Innu Development Limited Partnership comprenait un taux d'intérêt, tel que requis en vertu des règles électorales.

L'ancien directeur de campagne de M. Penashue, Reg Bowers, s'est excusé auprès d'Élections Canada pour les erreurs et les documents manquants.

Aux dires de M. Rae, ces «sérieux manquements» auraient pu affecter le résultat du vote, puisque le ministre conservateur ne l'a emporté que par 79 voix sur son adversaire libéral, Todd Russell.

«Bien que je ne doute pas que Élections Canada continue de revoir le cas de M. Penashue, il me semble évident qu'il y a suffisamment de preuves publiques pour justifier l'ouverture d'une enquête formelle», a-t-il écrit dans une lettre au Commisaire.

M. Russell a demandé que M. Penashue démissionne pour déclencher une élection partielle, mais le premier ministre Stephen Harper a écarté cette demande.

Dimanche, le ministre de la Coopération internationale, Julian Fantino, un ancien chef de police, s'est prononcé sur le cas.

«Laissons la nature suivre son cours, et je suis sûr que ces questions seront abordées, a déclaré M. Fantino. Si je comprends bien, nous coopérons avec Élections Canada pour répondre à ces questions.»

Les sanctions imposées aux candidats peuvent aller de 1000 à 5000 dollars en amende, de trois mois à cinq ans de prison, ou les deux, tout dépendant de la gravité de l'infraction.

Toute personne reconnue coupable d'un acte illégal peut également être bannie des élections à la Chambre des communes pendant cinq ans.

Le groupe Démocratie en surveillance, croit que les sanctions imposées devraient être plus sévères pour dissuader les politiciens de faire des dépenses irrégulières.