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28/10/2012 07:45 EDT | Actualisé 28/12/2012 05:12 EST

Ukraine: les électeurs aux urnes, l'ex-première ministre Timochenko absente

AFP

KIEV, Ukraine - Les partis de l'opposition ukrainienne ont obtenu de solides résultats aux élections parlementaires de dimanche, selon des sondages menés à la sortie des urnes. Mais le Parti des régions du président Viktor Ianoukovitch pourrait malgré tout conserver le contrôle de la législature, puisque ses membres ont de bonnes chances de sortir gagnants de plusieurs courses individuelles à travers le pays.

Les pays occidentaux gardent un oeil attentif sur la tenue des élections dans cet État stratégique de l'ex-URSS, qui représente le corridor de transport principal des ressources énergétiques russes vers plusieurs pays européens. Une élection jugée non démocratique éloignerait vraisemblablement l'Ukraine de l'Occident en faveur de Moscou.

Les partis de l'opposition ont affirmé avoir constaté de nombreuses violations électorales lors du scrutin de dimanche, comme l'achat de votes et un taux élevé de vote à domicile, mais un observateur électoral a indiqué que ces violations étaient des cas isolés. Les autorités ont assuré que les élections étaient honnêtes et démocratiques.

L'Union panukrainienne «Patrie», dirigée par l'ancienne première ministre Ioulia Timochenko (présentement en prison), le parti Oudar, du champion de boxe Vitali Klitschko, et un parti nationaliste ont reçu ensemble plus de 50 pour cent des voix sur les listes de partis, dépassant le Parti des régions de M. Ianoukovitch et son allié traditionnel, le Parti communiste.

Les partis de Mme Timochenko et de M. Ianoukovitch ont tous les deux revendiqué la victoire, affirmant que les électeurs leur avaient exprimé leur confiance pour diriger le pays.

Seulement la moitié des 450 sièges du Parlement sont répartis proportionnellement entre les partis gagnants. L'autre moitié revient aux vainqueurs des courses à mandat unique, où les loyalistes de M. Ianoukovitch devraient obtenir de solides résultats.

Lors du scrutin, chaque citoyen disposait de deux bulletins de vote, l'un avec les noms des partis et l'autre avec les noms des candidats dans les différentes circonscriptions. Aucun sondage de sortie des urnes n'était disponible pour cette section des élections.

Alors que le président est vivement critiqué pour l'emprisonnement de sa rivale, pour la corruption répandue et pour la lenteur des réformes, l'opposition a ainsi pu capitaliser sur la grogne populaire.

Le parti de Mme Timochenko devrait recevoir environ 25 pour cent des voix dans la proportionnelle, le parti de son allié Vitali Klitschko, environ 15 pour cent, et les nationalistes de Svoboda (Liberté), près de 12 pour cent. Le Parti des régions serait crédité de 28 pour cent des votes, et environ 12 pour cent des voix iraient aux communistes.

Si les trois partis de l'opposition s'unissent, ils pourraient obtenir 127 sièges au Parlement, contre 98 sièges pour le parti de M. Ianoukovitch et les communistes. La répartition des 225 sièges restants devrait être plus claire lundi.

Les forces de l'opposition espèrent obtenir suffisamment de sièges à la législature pour affaiblir le pouvoir de M. Ianoukovitch et réparer les dommages qu'il a causés: l'emprisonnement de Mme Timoshenko et de ses principaux alliés, la concentration du pouvoir entre les mains du président, le retour à la langue russe au détriment de l'ukrainien, l'affaiblissement de la liberté de presse, une détérioration du climat des affaires et une corruption en croissance.

La forte présence de Svoboda, un parti d'extrême droite qui fait campagne pour la défense de l'ukrainien et de la culture nationale, mais qui a également adopté une rhétorique antisémite et xénophobe, représente une surprise et une mesure de la colère envers le parti au pouvoir.

Il faut encore attendre de voir si le parti de Mme Timochenko, celui de M. Klitschko et Svoboda peuvent former une alliance et défier le président.

L'élection, assombrie par l'emprisonnement de Mme Timochenko, a également été compromise par la création de faux partis d'opposition, de campagnes politiques menées par des célébrités néophytes, ainsi que par l'utilisation de ressources de l'État et un plus grand à accès à la télévision pour le Parti des régions.