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28/10/2012 01:32 EDT | Actualisé 28/12/2012 05:12 EST

Birmanie: les violences dans l'État de Rakhine ont fait au moins 22 000 déplacés

SITTWE, Myanmar - Les victimes de la dernière explosion de violence dans l'ouest de la Birmanie, la semaine dernière, fuient par milliers l'État de Rakhine, s'est inquiétée l'ONU dimanche, en parlant de plus de 22 000 déplacés et de 4600 résidences détruites.

Le gouvernement birman a évalué le nombre de morts à 67 la semaine dernière, précisant que 95 personnes avaient également été blessées entre le 21 et le 25 octobre dans sept villes de cette province voisine du Bangladesh. Mais d'après Human Right Watch (HRW), le nombre de morts serait bien plus élevé que le bilan officiel. L'ethnie rohingya, de confession musulmane, aurait majoritairement souffert des violences, d'après HRW.

Interrogé par l'Associated Press, le délégué de l'ONU en Birmanie, Ashok Nigam, a expliqué qu'apporter de l'aide à la nouvelle vague de réfugiés sera un réel défi, car plusieurs d'entre eux se sont enfuis à bord de bateaux ou ont trouvé refuge sur des collines isolées.

«La situation est vraiment très grave et nous collaborons avec le gouvernement pour fournir une aide urgente à ces personnes», a-t-il déclaré.

Parmi les milliers de réfugiés, certains sont arrivés par la mer dans la capitale de l'État, Sittwe. Ils se sont rendus jusqu'au camp de Thechaung, qui abrite déjà des milliers de Rohingyas. Les membres de cette minorité ethnique s'étaient réfugiés à cet endroit en juin à la suite d'une vague de violences intercommunautaires qui avait forcé 70 000 personnes à fuir.

Ce conflit dans l'ancien royaume d'Arakan perdure depuis des décennies et trouve ses racines dans les origines présumées de l'ethnie rohingya. Le gouvernement birman considère les membres de cette ethnie comme des immigrés clandestins venus du Bangladesh et leur refuse la nationalité birmane. Bien que certains soient arrivés récemment, la plupart vivent en Birmanie depuis des générations.

Selon les organisations de défense des droits de la personne, les Rohingyas subissent régulièrement de graves discriminations: travail forcé, violences contre les femmes, restrictions sur les déplacements, le mariage ou les naissances.

Cette crise représente un défi majeur pour le gouvernement de Thein Sein et la chef de l'opposition Aung San Suu Kyi, qui a été critiquée récemment par d'autres pays pour ne pas avoir réussi à arrêter la répression des Rohingyas.

«La violence, la peur et le manque de confiance vont à l'encontre du développement de la transition démocratique, sociale et économique dans laquelle s'est engagée la Birmanie», a souligné M. Nigam dans un communiqué. «Il ne faudrait pas que cela devienne un obstacle au progrès.»

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