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28/10/2012 04:49 EDT | Actualisé 28/12/2012 05:12 EST

A l'approche de Sandy, les New-Yorkais stockent des vivres... et de la bière

A New York, Doug Barotra prévoit le pire à l'approche de l'ouragan Sandy: après 45 minutes de queue, il sort enfin du supermarché, les bras chargés de plus de 50 cannettes de bière.

"Tant que le courant n'est pas coupé, je pense que je survivrai", philosophe-t-il, tout en progressant péniblement sous le poids de son chargement le long de la Troisième avenue, vers son appartement du quartier de Mid-town, en plein coeur de Manhattan. "Je vis au 18e étage, si ça se passe mal, je resterai juste chez moi".

Dans la ville la plus peuplée des Etats-Unis, de longues lignes se sont formées dimanche dans les épiceries et supermarchés. Les New-Yorkais se ruent sur tout ce qui permet de tenir un siège: bouteilles d'eau, pain, produits frais, piles.

Sandy, également surnommée "Frankenstorm" en raison de la proximité avec Halloween mercredi, est attendue de pied ferme. L'ouragan devrait toucher la côte tôt mardi matin, quelque part entre la Virginie et le Massachusetts, et se faire durement sentir à New York.

Aux supermarchés Trader Joe de l'Upper West Side et d'Union Square, les queues se prolongent dans la rue. Les employés ne laissent entrer les clients qu'au compte-goutte. La foule gronde.

"D'ici à ce qu'on soit à l'intérieur, il ne restera pas grand chose pour nous", s'exaspère Lisa Nichols, étudiante en arts. "Je vais aller voir ce que mes amis ont réussi à stocker".

Le temps presse. A 19H00 (23H00 GMT), le métro, le réseau le plus dense d'Amérique du Nord, s'arrêtera, suivi de tous les bus de la ville, laissant les New-Yorkais prisonniers de leur voisinage immédiat.

Battery Park, à la pointe sud de Manhattan, l'East Village et les zones à risque bordant l'Hudson et l'East River, doivent être évacués en prévision des inondations, a ordonné dimanche le maire Michael Bloomberg. En tout, 375.000 personnes.

En guise d'abris, la ville a ouvert 72 écoles et d'autres bâtiments pour les évacués mais le maire a prévenu que les résidents devaient pouvoir être prêts à dormir chez des amis pendant quelques jours. Mais nombre d'habitants ont laissé entendre qu'il n'était pas question pour eux de quitter leur domicile.

Tout en remplissant des sacs de sable qu'il dispose dans l'allée menant à sa maison de Coney Island à Brooklyn, Richard Bogart est de ceux-là.

"J'ai entendu l'ordre mais quand Irène a frappé l'an dernier, ma cave a été inondée et je dois être là au cas où", justifie-t-il.

En août 2011, l'ouragan Irène avait provoqué la mort de 47 personnes et laissé pour 10 milliards de dollars de dommages derrière lui. La montée des eaux n'avait pas dépassé 1,5 mètre.

Cette fois, les prévisionnistes s'attendent à une hauteur d'eau deux fois plus importante, notamment en raison de forts coefficients de marée.

Dans l'Etat de New York, 1.100 soldats de la Garde nationale sont en alerte. Deux cents patrouilleront les rues de Manhattan et 300 autres les autres districts de la ville.

Ceux qui refusent l'évacuation ne risquent pas d'être arrêtés, a confié Michael Bloomberg, simplement d'être traités "d'égoïstes" pour avoir entraîné des opérations de sauvetage qui auraient pu être évitées.

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