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Un chef rebelle décrète l"échec" de la trêve en Syrie, l'armée bombarde

27/10/2012 04:44 EDT | Actualisé 26/12/2012 05:12 EST

Un chef rebelle a qualifié d'"échec" la trêve initiée par le médiateur Lakhdar Brahimi en Syrie où l'armée a mené samedi de nouvelles opérations et des bombardements meurtriers, au lendemain de la mort de près de 150 personnes.

Rebelles et armée s'étaient engagés à cesser les hostilités durant les quatre jours de l'Aïd al-Adha, la fête musulmane du sacrifice qui a débuté vendredi.

Mais après une éphémère accalmie, les violences ont repris, avec notamment deux attentats, faisant au moins 146 morts --53 civils, 50 rebelles et 43 soldats.

Ce bilan est proche de ceux annoncés chaque jour ces dernières semaines par l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), qui s'appuie sur un réseau de militants et de sources médicales dans les hôpitaux civils et militaires à travers le pays.

Samedi, six civils et deux soldats ont encore péri, selon l'OSDH, les deux belligérants faisant usage du droit de riposte qu'ils s'étaient réservé en cas de violation du cessez-le-feu par la partie adverse.

"Nous avons accepté la trêve pour la communauté internationale (...) mais nous savions que le régime ne la respecterait pas. Notre mission est de défendre le peuple, ce n'est pas nous qui attaquons", a ainsi affirmé à l'AFP le colonel Abdel Jabbar al-Oqaidi, chef du conseil militaire rebelle d'Alep (nord), après avoir qualifié l'initiative de M. Brahimi d'"échec".

De son côté, l'armée a annoncé avoir riposté après des attaques rebelles notamment à Deraa (sud) et dans la province de Damas, dans un communiqué lu vendredi soir à la télévision d'Etat.

"Des groupes terroristes armés ont attaqué des positions militaires, violant ainsi clairement l'arrêt des opérations militaires auquel a souscrit le commandement de l'armée. Nos valeureuses forces armées sont en train de répondre à ces violations", a affirmé le texte.

Dans la terminologie des autorités syriennes, le mot "terroristes" désigne les rebelles.

Si l'Armée syrienne libre (ASL), principale faction de l'opposition armée, s'était engagée au cessez-le-feu, le front islamiste al-Nosra, qui a revendiqué la plupart des attentats ces derniers mois en Syrie, l'avait catégoriquement rejeté.

Vendredi, deux nouveaux attentats à la voiture piégée ont fait huit morts et une quarantaine de blessées à Damas et à Deraa (sud), selon l'OSDH.

Et alors que les violences se poursuivaient samedi, le colonel Oqaidi a qualifié la trêve "mort-née" de "mensonge".

"Comment un régime criminel peut-il respecter une trêve? C'est un échec de Brahimi, cette initiative est mort-née", a déclaré à l'AFP par téléphone cet officier de l'ASL.

"J'étais sur plusieurs fronts hier (vendredi) et l'armée n'arrêtait pas de bombarder", a-t-il encore dit.

"Le peuple syrien est devenu un cobaye, à chaque fois, il y a un émissaire qui tente un plan, alors que nous savons que ce régime ne le respectera pas", a-t-il poursuivi.

En avril, une première trêve négociée par Kofi Annan, le prédécesseur de M. Brahimi, avait déjà volé en éclats au bout de quelques heures.

Samedi, pour la première fois depuis le début de la trêve théorique, les avions militaires du régime, responsables de raids meurtriers au cours des derniers mois, ont survolé la région d'Alep et l'artillerie a bombardé la localité de Maaret al-Artik.

En 19 mois, le soulèvement contre le régime du Bachar al-Assad a fait plus de 35.000 morts selon l'OSDH, qui affirme que ses bilans recensent les victimes civiles, militaires et rebelles.

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