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27/10/2012 05:04 EDT | Actualisé 26/12/2012 05:12 EST

L'Iran refuse à une délégation européenne de rencontrer Jafar Panahi et Nasrin Sotoudeh

L'Iran a refusé à une délégation parlementaire européenne attendue dimanche à Téhéran de rencontrer le cinéaste Jafar Panahi et l'avocate Nasrin Sotoudeh, détenus pour des raisons politiques, ont indiqué samedi les médias iraniens, laissant entendre que la visite de cette délégation pourrait être annulée.

"L'Iran a rejeté une condition posée par la délégation parlementaire de l'Union européenne, qui veut rencontrer deux prisonniers", a déclaré le conseiller du président du Parlement iranien pour les affaires internationales, M. Hossein Sheikholeslam, cité par l'agence Isna.

"Si la délégation est d'accord pour venir malgré tout en Iran selon l'agenda accepté initialement, il n'y a aucune objection à sa visite. Mais nous ne pouvons pas accepter la pré-condition actuelle", a-t-il ajouté selon la même source.

M. Sheikholeslam n'a pas cité les deux prisonniers concernés, mais il déclaré par ailleurs à l'agence Mehr que "la délégation européenne voulait rencontrer deux prisonniers politiques pour leur remettre leur prix", une allusion directe à Jafar Panahi et Nasrin Sotoudeh.

Le Parlement européen a attribué vendredi au cinéaste assigné à résidence et à l'avocate emprisonnée, tous deux condamnés à de lourdes peines de prison, son prix Sakharov pour la liberté de l'esprit, qui récompense chaque année un défenseur des droits de l'Homme et de la démocratie.

L'attribution de ce prix est intervenue alors qu'une délégation de cinq eurodéputés --écologistes et de gauche-- est attendue dimanche en Iran pour une visite controversée, au moment où l'Union européenne vient de renforcer ses sanctions à l'encontre du régime de Téhéran.

Le président du Parlement européen Martin Shulz a affirmé vendredi que cette délégation tenterait de rencontrer Jafar Panahi et Nasrin Sotoudeh, et "reviendraient immédiatement" en Europe si cette rencontre leur était refusée.

Le porte-parole de la présidence du Parlement iranien, M. Abdolreza Mesri, a affirmé de son côté que la visite des eurodéputés à Téhéran n'était "pas encore finalisée", selon le site du Club des jeunes journalistes dépendant de la télévision d'Etat.

"Dans la mesure où les deux parties doivent encore parvenir à un certain nombre d'accords sur cette visite, elle doit être finalisée samedi après-midi", selon la même source.

"Si la visite est finalisée", la délégation rencontrera notamment "le président du Parlement Ali Larijani, le ministre des Affaires étrangères Ali Akbar Salehi, et le négociateur nucléaire iranien Saïd Jalili", a précisé M. Mesri.

L'Union européenne, à l'instar des Etats-Unis et d'autres pays occidentaux, a mis en place depuis deux ans un embargo économique et politique de plus en plus sévère contre l'Iran, soupçonné de chercher à se doter de l'arme atomique et accusé de nombreuses violations des droits de l'Homme.

Téhéran a également été condamné à plusieurs reprises par les Nations-Unies pour son programme nucléaire controversé et ses violations des droits de l'Homme.

La députée Verte finlandaise Tarja Cronberg, qui dirige la délégation devant de rendre à Téhéran, avait promis, avant l'attribution du prix Sakharov aux deux opposants iraniens détenus, que les eurodéputés insisteraient sur l'inquiétude des Européens concernant les droits de l'Homme en Iran.

Mais de nombreux eurodéputés ont exprimé la crainte que cette visite ne soit instrumentalisée par le régime.

bur-lma/cnp

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