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Les pèlerins lapident Satan, dernière étape du hajj

27/10/2012 07:37 EDT | Actualisé 27/12/2012 05:12 EST

Plus de trois millions de fidèles musulmans de 189 nationalités lapidaient samedi des stèles symbolisant Satan près de La Mecque, rite marquant la fin du pèlerinage pour lequel beaucoup ont économisé toute leur vie.

Marchant par groupes répartis selon leurs nationalités, hommes, femmes et enfants se pressaient dans la vallée désertique de Mina autour des trois stèles, scandant "Allah Akbar" (Dieu est le plus grand) en jetant des cailloux sur les trois stèles.

Selon les chiffres officiels, 3,16 millions de pèlerins, dont plus de 2,7 millions venus de l'étranger, accomplissent cette année le pèlerinage, qui représente le plus grand rassemblement humain.

Mais plusieurs centaines de milliers d'autres venus surtout de l'intérieur du royaume accomplissent sans permis le pèlerinage, qui a débuté jeudi, et ne sont pas recensés.

Certains fidèles priaient à voix haute alors que d'autres prenaient des photos à l'aide de leur téléphone portable, ce qui a irrité les forces de sécurité déployées pour assurer le déroulement du rite dans le calme.

"Comment pouvez-vous en même temps lapider Satan et prendre des photos avec lui", répétaient les membres des forces de sécurité à l'aide de mégaphones.

Assise dans un coin, Aïcha Mohammad, une Afghane de 77 ans, sourit.

"Il est bon de se fatiguer pendant le hajj", dit cette femme. "Depuis mon enfance je rêve de faire l'ascension du Mont Arafat", où se regroupent les fidèles.

Comme beaucoup de pèlerins, Aïcha a dépensé toutes ses économies pour le hajj, un des cinq piliers de l'islam que tout fidèle est censé accomplir au moins une fois dans sa vie s'il en a les moyens.

"Le voyage m'a coûté tout l'argent que j'avais", dit-elle. "J'ai économisé pendant plus de 15 ans et j'ai finalement vendu tous mes bijoux pour arriver ici".

Abdallah Jad, un Egyptien de 63 ans, a été moins chanceux: il a économisé pendant quatre ans pour pouvoir effectuer le pèlerinage, mais l'agent de voyage ayant organisé son déplacement a exigé d'être payé d'avance et s'est avéré être un escroc.

"J'ai payé près de 4.000 dollars et ils m'avaient assuré que tout serait prêt à mon arrivée, le logement, le transport... Mais j'ai découvert que j'avais été victime d'une escroquerie. Je dors dans la Grande mosquée et j'ai à peine de quoi manger", dit-il, la voix tremblante, avant de disparaître dans l'océan des pèlerins.

L'étape de la lapidation des stèles, un exercice à haut risque en raison de la forte densité de pèlerins convergeant vers le même lieu, a été marquée ces dernières années par des bousculades meurtrières.

Le dernier incident remonte à 2006, lorsqu'une bousculade a coûté la vie à 364 pèlerins. Mais les autorités ont depuis procédé à des travaux d'agrandissement et d'aménagement du site.

Les fidèles y accèdent désormais par un pont sur plusieurs niveaux et la police veille à maintenir la fluidité de la circulation.

Le rituel symbolise la lapidation par Abraham de trois lieux où le diable lui serait apparu, selon la tradition, pour tenter de le dissuader d'offrir son fils en sacrifice à Dieu.

Selon les autorités, 168.000 agents de police et de la défense civile ont été mobilisés cette année pour le hajj qui doit s'achever dimanche.

Après le rituel de la lapidation, les fidèles doivent retourner à La Mecque pour tourner une dernière fois autour de la Kaaba, construction cubique au centre de la Grande mosquée, avant de se livrer à la déambulation entre Safa et Marwa.

Le pèlerinage, qui a débuté mercredi, s'est déroulé jusqu'ici sans encombre. "Le hajj se passe normalement et de la bonne manière", a déclaré à l'AFP le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Mansour al-Turki.

lyn/at/feb

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