NOUVELLES
27/10/2012 12:30 EDT | Actualisé 27/12/2012 05:12 EST

Les Gazaouis goûtent aux joies inédites du cirque

GAZA, Territoire palestinien - Avec clowns et cracheurs de feu, mais sans lions ni femmes en collants, le Cirque national d'Égypte vient d'entamer une tournée d'un mois dans la bande de Gaza, devant un public aussi nombreux que surpris.

Signe d'un réchauffement des relations entre le Hamas et l'Égypte, désormais dirigée par les Frères musulmans, cette tournée est une bouffée d'air frais pour les Gazaouis, dont les moments de loisirs sont rares.

Dans ce minuscule territoire palestinen peuplé de 1,6 million d'habitants, soumis à un blocus presque total imposé par Israël depuis 2007, il a fallu de longs mois de tractations pour que ce cirque puisse monter son chapiteau. Grâce à un assouplissement des conditions d'entrée et de sortie aux frontières de Gaza, tout le matériel a pu être acheminé par la route en passant par Rafah, ville frontalière de l'Égypte. Toutefois, des frais de douanes élevés et une bureaucratie jugée trop complexe ont laissé les «vedettes» du cirque — lions, tigres et chevaux — de l'autre côté de la frontière.

Une fois arrivés à Gaza, les organisateurs égyptiens ont dû faire face à une situation à laquelle ils n'avaient pas pensé: la plupart des Gazaouis ne savaient pas du tout ce que pouvait être un cirque...

«Je pense que beaucoup de gens vont être surpris», a confié Riwa Awad, 19 ans, venu vendredi avec toute sa famille pour la première représentation. «Les Gazaouis sont connus pour être blasés, mais je pense que les artistes du cirque vont tout faire pour nous divertir», a-t-il ajouté avant le spectacle.

Certains n'ont pas manqué de relever que le chapiteau avait été monté sur le terrain d'une ancienne prison détruite par un raid israélien il y a quatre ans.

Pour les résidants de Gaza qui ont eu la chance d'assister à cette première, le spectacle était un véritable événement, faisant oublier pour un temps le blocus. Des dizaines d'enfants surexcités et vêtus d'habits neufs, des hommes endimanchés et des femmes voilées ou portant des foulards à paillettes se sont pressés pour assister aux numéros de clowns, de funambules et de cracheurs de feu.

Mais aucun numéro interprété par des femmes n'a été montré lors de cette première, l'organisateur égyptien Mohammed Slimi expliquant que la présence de femmes en collants pouvait heurter les Gazaouis. Il a ajouté que le Hamas, proche des Frères musulmans en Égypte, n'avait pas explicitement interdit ces numéros féminins, mais avait demandé à ce que les «traditions» soient respectées lorsque les premières négociations pour la venue du cirque ont été entamées.

Le défi du Cirque national d'Égypte reste désormais de remplir chaque soir les 1000 places que peut contenir le chapiteau, dans un territoire où la pauvreté est très élevée. Le prix des places oscille entre 5 et 10 $, alors que 40 pour cent des habitants de la bande de Gaza vivent avec moins de 2 $ par jour.

PLUS:pc