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27/10/2012 08:30 EDT | Actualisé 27/12/2012 05:12 EST

L'avocat Brian Gallant devient chef du Parti libéral du Nouveau-Brunswick

MONCTON, N.-B. - Deux ans après une défaite électorale historique, les libéraux du Nouveau-Brunswick se sont tournés vers un politicien relativement peu connu pour rebâtir leur parti.

En élisant Brian Gallant en tant que nouveau chef, samedi, les libéraux ont choisi un homme jeune et relativement néophyte par rapport à Mike Murphy, un politicien d'expérience qui a été ministre au sein du cabinet de l'ex-premier ministre Shawn Graham.

Lors de son discours de victoire, M. Gallant, un avocat de 30 ans originaire de Moncton, a appelé à l'unité.

«Peu importe pour qui vous avez voté, je demande votre appui, je demande votre aide, je vous demande de vous joindre à nous pour poursuivre la reconstruction de ce parti et nous assurer que ce gouvernement sera imputable, ainsi que pour nous assurer de remporter la victoire aux élections de 2014», a-t-il déclaré.

Les libéraux ont été renvoyés sur les banquettes de l'opposition il y a deux ans, mais leur défaite de septembre 2010 a fait école, alors qu'il s'agissait du premier parti à n'accomplir qu'un seul mandat au pouvoir. M. Graham a démissionné de son poste de chef deux mois après la victoire des progressistes-conservateurs.

Les libéraux détiennent seulement 13 des 55 sièges de la législature provinciale.

M. Gallant ne siège pas à la législature. Il s'est présenté — et a perdu — contre l'ancien premier ministre conservateur Bernard Lord en 2006.

Selon lui, il est trop tôt pour dire s'il demandera à l'un de ses députés de laisser sa place pour permettre la tenue d'une élection partielle où il pourrait alors se présenter, mais il n'a pas nié l'importance d'être présent à la législature.

Le Parti libéral du Nouveau-Brunswick affirme que 14 672 électeurs de la province se sont prononcés pour l'élection du nouveau chef du parti, qui a commencé le 23 octobre. Le nouveau système électoral qui a combiné les bulletins de vote par la poste et les choix effectués en ligne et par téléphone a permis d'annoncer les résultats environ 30 minutes après la fermeture des urnes.

M. Gallant a remporté 59 pour cent des voix. M. Murphy a terminé en deuxième place, à quelques voix des 38 pour cent des suffrages, alors que l'ancien maire de Belledune, Nick Duivenvoorden, devait se contenter de moins de trois pour cent.

M. Murphy, qui a quitté la politique avant les dernières élections, a déclaré à des journalistes que le parti avait effectué un bon choix.

«Il y a beaucoup de travail à faire. Cela prend beaucoup d'énergie, et Brian a travaillé très fort», a-t-il déclaré.

Pour M. Duivenvoorden, «le dur travail commence maintenant».

Le système électoral libéral a attiré l'attention, vendredi, lorsque le directeur exécutif du Parti conservateur, Jean-Paul Soucy, s'est enregistré pour voter au nom de son chien, et a pu voter en ligne. M. Soucy a remis en question l'intégrité du système, affirmant que personne n'avait vérifié son identité ou appelé pour valider l'identification de l'électeur.

M. Gallant avait prévu des rencontres avec l'exécutif de son parti samedi soir, ainsi qu'avec des membres de son caucus, dimanche. Il désire également organiser un congrès, l'an prochain, pour mettre sur pied diverses politiques.

«Il n'y a aucun doute qu'il y aura plusieurs étapes à franchir lors des prochains jours. L'une de ces étapes sera de rencontrer le caucus pour savoir, stratégiquement, ce que l'on va faire en terme de planification. Mais aussi, je vais essayer de rejoindre les gens qui ont travaillé avec M. Murphy et M. Duivenvoorden et voir ce que je peux faire pour les convaincre de rester avec nous», a précisé le nouveau chef.

M. Gallant compte aussi faire de l'économie une question prioritaire et il compte bien passer le message au premier ministre conservateur David Alward.

«Ce que j'ai entendu un partout dans la province, c'est que les gens sont inquiets au sujet de leur emploi — ceux qui en ont — et ceux qui en cherchent craignent qu'il n'y en aura pas pour eux bientôt. Il n'y a aucun doute que le message que je veux envoyer à M. Alward, c'est qu'il faut absolument se concentrer sur l'économie et avoir de vrais résultats.»

L'analyste politique Don Desserud, de l'université de l'Île-du-Prince-Édouard, a estimé que les libéraux avaient une chance de revenir au pouvoir en 2014 au Nouveau-Brunswick, puisque les électeurs ont démontré qu'ils n'accordaient plus toujours leur confiance au gouvernement pour un deuxième mandat.

«L'électorat est très volatil, et cela rend le tout beaucoup moins prévisible. Aucun gouvernement n'est à l'abri», a-t-il dit.

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