NOUVELLES
27/10/2012 08:10 EDT | Actualisé 27/12/2012 05:12 EST

GP d'Inde - Ferrari, du drapeau de la marine italienne au couac diplomatique

Le soutien apporté aux deux militaires italiens retenus en Inde par l'écurie Ferrari, qui a apposé un drapeau de la Marine italienne sur le museau de ses monoplaces au Grand Prix d'Inde de F1, a créé un petit couac diplomatique, pour le plus grand plaisir de la presse indienne.

Dans le petit monde très médiatisé de la F1, cette initiative venue probablement du plus haut niveau, c'est à dire de Luca di Montezemolo, le grand patron de la société Ferrari, a bien embarrassé les responsables de la Scuderia lors de la première journée d'essais libres, vendredi.

Alors que son objectif est de permettre aux Ferrari F2012 de Fernando Alonso et Felipe Massa de tenir tête aux Red Bull championnes du monde, Stefano Domenicali, le directeur de la Scuderia, a d'abord refusé de s'exprimer sur ce sujet sensible, en conférence de presse.

Puis vendredi en fin de journée, un communiqué de la Scuderia est venu minimiser la portée du geste symbolique: "Le drapeau de la Marine italienne est un hommage à l'une des institutions les plus remarquables de notre pays. Avec tout le respect dû aux autorités indiennes, Ferrari souhaite clarifier le fait que cette initiative n'a pas, ou ne devrait pas être vue comme ayant une portée politique".

Deux militaires de la Marine italienne, Massimiliano Latorre et Salvatore Girone, chargés de la sécurité sur un pétrolier italien au large des côtes indiennes, avaient été emprisonnés en mars pour avoir abattu deux pêcheurs indiens qu'ils avaient pris pour des pirates.

Inculpés du meurtre des deux pêcheurs, ils ont été libérés sous caution fin mai mais ont dû déposer une caution de dix millions de roupies chacun (143.000 euros) et remettre leur passeport aux autorités indiennes.

Cette affaire a entraîné un bras-de-fer diplomatique entre l'Inde et l'Italie, Rome considérant que l'incident s'est produit dans les eaux internationales et que la justice indienne n'est donc pas compétente pour juger les deux marins.

Le ministre italien des Affaires étrangères, Giulio Terzi, a d'abord félicité Ferrari sur son compte Twitter, en estimant que "cela montrera à nos marins que tout le pays est derrière eux".

Puis le ministère indien des Affaires étrangères a répliqué, en regrettant que cette initiative fasse peu de cas des familles des deux pêcheurs: "Utiliser des événements sportifs pour défendre des causes qui ne sont pas de nature sportive ne correspond pas à l'esprit du sport, quel que soit le sport", a estimé un porte-parole cité par l'agence de presse indienne PTI.

La dernière couche a été posée samedi par la Fédération indienne de sport automobile (FMSCI), à la demande de Bernie Ecclestone, le grand argentier de la F1. Son président, Vicky Chandhok, a rappelé dans un communiqué que "le code sportif de la Fédération internationale de l'automobile (FIA) est apolitique et non-religieux".

En outre, la FMSCI "croit fermement" que porter le drapeau de la Marine italienne sur les Ferrari "n'aura aucun effet sur l'affaire en cours devant les tribunaux indiens" et elle "ne permettra aucune tentative d'entraver la marche de la justice en politisant cet événement (le GP d'Inde)". Chandhok a même posé pour une photo avec Domenicali. L'incident est donc clos.

dlo-abh/chc

PLUS:afp