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Chris Nilan: «Aujourd'hui, je peux enfin dire que je suis heureux» (ENTREVUE)

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Chris Nilan a été durant sa vie un sacré bagarreur d'où son surnom «Knuckles». Depuis sa jeunesse dans un quartier peu fréquentable de Boston et jusqu'à son arrivée au sein de la Ligue nationale de hockey, l'ancien homme fort du Canadien n'a jamais eu peur d'aller confronter ses adversaires sur la glace. Le documentaire Les Derniers gladiateurs sorti en salles vendredi, réalisé par l'oscarisé Alex Gibney (Un taxi pour l'enfer), raconte la carrière mouvementée de ce dur à cuire. Nous l'avons rencontré lors de son passage à Montréal.

Les chiffres sont clairs. En 15 ans de carrière dont 10 saisons au sein du Canadien de Montréal, Chris Nilan partage avec neuf autres joueurs le record peu enviables de 3000 minutes de pénalité. Pourtant, l'ex-ailier droit qui a dû jeter les gants près de 300 fois ne changerait rien au passé. «J'ai toujours aimé me battre et à l'époque c'était pour cela qu'on m'a engagé», rappelle-t-il avec un fort accent qui trahit ses origines bostoniennes.

Cette violence, l'homme à la retraite aujourd'hui âgé de 54 ans l'a toujours eue en lui. «J'ai été élevé à la dure. Le hockey m'a seulement donné l'occasion d'exprimer ma colère», précise-t-il.

Les Derniers gladiateurs s'attarde sur les années fastes du joueur, considéré comme l'un des meilleurs bagarreurs de la Ligue. Ainsi de 1979 à 1988, on le voit évoluer sous l'uniforme tricolore alors qu'il est vénéré par le public de Montréal. «J'ai adoré mon expérience ici. Au-delà des combats, c'est à Montréal que j'ai pu devenir un vrai joueur de hockey professionnel», dit-il.

Mais le documentaire d'Alex Gibney raconte un autre combat, bien plus difficile celui-là : la dépendance de Chris Nilan à l'alcool et aux médicaments. «Au début, je prenais des pilules pour soulager mes affreuses douleurs dues à mes nombreuses opérations, raconte-t-il, et puis je me suis rapidement retrouvé dans une situation de forte dépendance.»

Malgré une première cure, Nilan retombe de nouveau dans l'alcool et la drogue. «Je me suis alors tourné vers l'héroïne, moins chère que les médicaments et là, je suis vraiment tombé au plus bas», se souvient-t-il.

L'homme se sent aujourd'hui très chanceux d'être encore en vie. «Je suis sobre depuis trois ans et je peux enfin dire que je suis heureux», dit-il. Nilan n'en veut pas à tous ses combats sur la glace ou ses parents ni à son enfance difficile pour les problèmes qu'il a dû traverser. «Je suis responsable de tout ce qui m'est arrivé. Il faut dire que je suis surtout content de m'en être sortie.»

Dorénavant, l'objectif pour Nilan, c'est de pouvoir partager son expérience avec les autres. Depuis quelques années, il va même dans les écoles pour sensibiliser les jeunes afin de combattre l'intimidation. L'ex-joueur de hockey partage ainsi son temps entre ses tournées et les entrevues. «En participant au documentaire d'Alex Gibney, je voulais surtout me tenir occupé et montrer aux gens qu'on si l'on veut vaincre ses dépendances, il ne faut pas hésiter à aller chercher de l'aide», déclare-t-il.

The Last Gladiators (États-Unis), 96 minutes. En salles depuis le 26 octobre 2012.

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