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Syrie: cinq morts dans un attentat à Damas malgré la trêve de l'Aïd

26/10/2012 12:01 EDT | Actualisé 26/12/2012 05:12 EST

BEYROUTH - Un attentat à la voiture piégée a fait au moins cinq morts et une trentaine de blessés vendredi à Damas, tandis que les combats se poursuivaient à travers la Syrie, au mépris de la trêve de quatre jours acceptée par l'armée pour la fête musulmane de l'Aïd al-Adha. Des milliers de Syriens ont toutefois profité d'une accalmie pour manifester contre le président Bachar el-Assad dans plusieurs villes du pays.

L'explosion s'est produite dans un quartier résidentiel de Damas. La télévision publique et les militants de l'opposition ont recensé cinq morts et plus de 30 blessés, dont des enfants. Un habitant ayant requis l'anonymat a estimé que la bombe pourrait avoir visé une résidence pour policiers située dans le quartier de Daff el-Shouq, dans le sud de la capitale.

À l'occasion de la principale fête musulmane qui débutait vendredi pour quatre jours, l'envoyé spécial des Nations unies et de la Ligue arabe, Lakhdar Brahimi, soutenu par le Conseil de sécurité de l'ONU, avait obtenu le cessez-le-feu entre fidèles et opposants de Bachar el-Assad, mais il n'a quasiment pas été respecté. Des combats ont eu lieu dès le début de la journée dans plusieurs régions du pays.

Les premiers affrontements ont été provoqués par le groupe islamiste Jabhat al-Nusra, qui avait rejeté l'idée d'une trêve dès le départ. Ses militants ont affronté les forces syriennes pour le contrôle d'une base militaire située sur la route menant à Alep, a précisé l'Observatoire syrien des droits de l'homme. Les combats à Maaret al-Numan ont commencé il y a plusieurs jours.

L'armée syrienne a pour sa part violé le cessez-le-feu en tirant plusieurs obus sur Alep et la banlieue de Damas. Trois personnes ont été tuées par un bombardement à Harasta, dans la banlieue de Damas, et deux autres ont été abattues par un tireur embusqué, selon l'Observatoire. Les différents groupes d'opposition ont fait état d'au moins dix morts dans les bombardements et les tirs à Harasta et Douma, ainsi que dans la province d'Idlib, dans le nord.

Malgré la violation de la trêve, des Syriens ont profité d'une relative accalmie pour descendre dans les rues de Damas, Alep, Deraa, Homs et Hama, selon des militants. La foule n'avait plus été aussi nombreuse depuis plusieurs mois en raison de la répression sanglante.

Pendant ce temps, Bachar el-Assad a prié à la mosquée d'Al-Afram à Damas. La télévision l'a montré souriant, serrant les mains des fidèles. Le président est rarement apparu en public depuis le début du soulèvement contre son régime, en mars 2011. Les mlitants de l'opposition estiment que l'insurrection a coûté la vie à plus de 35 000 personnes, dont plus de 8000 soldats.

La trêve de l'Aïd semble vouée à l'échec, mais Lakdhar Brahimi n'a pas précisé ce qui doit se passer quand elle s'achèverait lundi, même s'il espère qu'elle permettra d'ouvrir la voie à des négociations politiques. Le président El-Assad refuse de démissionner, alors que certains dirigeants de l'opposition en font la condition de toutes discussions politiques. Les différentes composantes de l'opposition sont divisées sur le bien-fondé d'un dialogue avec le président.

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