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26/10/2012 06:33 EDT | Actualisé 26/12/2012 05:12 EST

Nouvelles compressions à Radio-Canada

Radio-Canada a annoncé des compressions budgétaires supplémentaires de 28,4 millions de dollars en raison de l'abolition du Fonds pour l'amélioration de la programmation locale (FAPL). Cette annonce a été dénoncée par les syndicats, qui y voient une preuve que le diffuseur public est sous-financé et craignent la perte d'autres emplois.

« Nous avons pris la décision de protéger autant que possible les initiatives que le FAPL nous a permis de mettre en oeuvre. La programmation régionale est essentielle pour remplir notre rôle de radiodiffuseur public national », a affirmé la société dans une note interne envoyée aux employés jeudi, ajoutant que les coupes budgétaires s'échelonneront sur une période de deux ans.

Le diffuseur public annule notamment l'ouverture de quatre nouvelles stations de radio anglaise au pays, diminuera la production d'émissions et réduira ses budgets de communication.

Créé par le CRTC en 2008, le FAPL visait à aider les stations de télévision traditionnelles à continuer de diffuser du contenu local en dépit de la crise économique. Son abolition, annoncée en juillet par le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC), se fera progressivement d'ici le mois d'août 2014.

Un impact direct sur la programmation, selon le syndicat

Selon le Syndicat des communications de Radio-Canada (SCRC), les compressions auront un impact direct sur les productions régionales, mais aussi sur celles d'envergure nationale, en plus de réduire la production d'émissions originales canadiennes et d'augmenter le nombre de rediffusions d'anciennes émissions.

Dans un communiqué publié jeudi, le président du SCRC, Alex Levasseur, a exhorté le CRTC à intervenir durant les audiences pour le renouvellement des licences de Radio-Canada, qui auront lieu en novembre, afin de s'assurer que celle-ci puisse continuer à remplir son mandat.

Pour M. Levasseur, les nouvelles coupes budgétaires montrent clairement qu'il est urgent de régler une fois pour toutes la question du financement du diffuseur public, dont le budget annuel s'élève à 1,1 milliard de dollars, au risque de voir sa programmation continuer à se dégrader.

De son côté, la section locale 675 du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), qui représente les employés de bureau et les professionnels de Radio-Canada, s'est inquiétée jeudi des conséquences des compressions sur les effectifs de la société d'État, soutenant que cette dernière avait clairement laissé entendre que des emplois seraient abolis au cours des prochains mois.

Le président du Conseil provincial du secteur des communications du SCFP, Richard Labelle, s'est pour sa part interrogé sur la raison avancée par le diffuseur public pour justifier ces compressions, disant ne pas comprendre que l'ensemble des activités de Radio-Canada soient touchées par une décision découlant de la disparition d'un fonds exclusivement destiné à la programmation locale.

Ces nouvelles coupes budgétaires de 28,4 millions de dollars s'ajoutent à celles de 115 millions sur trois ans annoncées dans le dernier budget fédéral, qui devraient entraîner la suppression de 650 emplois chez le diffuseur public. En 2009, des compressions de 171 millions de dollars avaient causé la perte de 800 postes permanents.

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