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26/10/2012 07:06 EDT | Actualisé 26/12/2012 05:12 EST

Le ministère en croisade contre les abattoirs illégaux

C'est la fête du sacrifice pour des milliers de musulmans au Québec. La tradition consiste à abattre un mouton ou un agneau selon les règles halal du Coran. Or, l'activité est suivie de près par les inspecteurs du ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec (MAPAQ), qui avaient promis de resserrer leur surveillance de l'abattage d'animaux sur les fermes. Vendredi, ils sont passés de la parole aux actes.

C'est sous escorte policière que des inspecteurs du MAPAQ se sont invités dans une ferme d'élevage de moutons en Montérégie. À leur arrivée, des dizaines de moutons avaient été égorgés et dépecés.

« Ils ont droit de faire leur rituel. Deuxième chose, je pense qu'ils ont le droit de tuer leurs propres moutons pour leur propre consommation », explique le propriétaire.

L'inspection-surprise du MAPAQ survient en plein Aïd el-Adha, la fête annuelle la plus importante de l'Islam.

Durant toute une fin de semaine, les musulmans participent à un rituel en égorgeant eux-mêmes des moutons ou des agneaux vivants. Un geste symbolique qui consiste à rappeler l'ultime sacrifice d'Abraham envers Dieu, selon leurs moeurs religieuses.

Le propriétaire de la ferme explique qu'il ne vend que des animaux de son troupeau.

« Eux autres, ils disent qu'on a un abattoir icitte... Nous autres, on ne tue rien. On ne tue aucun animal. Je ne touche à rien. Regarde celui qui est là avec son mouton... Est-ce que c'est moi qui l'a tué? » ajoute le propriétaire.

Les règles du MAPAQ sont claires. Entre autres, l'animal doit être tenu solidement lors de l'égorgement pour éviter les ratées.

« Je n'ai pas de problème à ce que les musulmans abattent des agneaux, mais qu'il le fasse dans la légalité. Y'a plein d'abattoirs qui le permettent aujourd'hui pour cette fête-là », explique la mairesse de la municipalité qui a contacté le MAPAQ.

« Cette personne-là n'a pas de permis d'abattage et ce n'est pas dans une zone qui est permise dans la municipalité », reprend la mairesse.

Le rapport des enquêteurs sera remis à un procureur de la Couronne. C'est lui qui devra déterminer s'il s'agit, au sens de la loi, d'un abattoir clandestin.

Advenant que ce soit le cas, le contrevenant s'expose d'abord à une amende allant de 5000 à 15 000 $. En cas de récidive, l'amende peut atteindre 45 000 $.

Tout au long de la fin de semaine, une quarantaine d'enquêteurs du MAPAQ vont inspecter, sous escorte policière, des abattoirs dans la province. Depuis cinq ans, neuf personnes ont été condamnées pour avoir tenu des abattoirs clandestins.

D'après un reportage de Pascal Robidas

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