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26/10/2012 05:04 EDT | Actualisé 25/12/2012 05:12 EST

La trêve en Syrie compromise par des combats dans le nord-ouest

La trêve de quatre jours entrée en vigueur vendredi en Syrie pour la fête musulmane de l'Aïd al-Adha semble d'ores et déjà compromise par des combats qui ont éclaté autour d'une base de l'armée dans le nord-ouest du pays.

A l'échelle du pays, la matinée a été marquée par un répit, après une nuit de violences, rebelles et armée semblant respecter leur engagement de faire taire leurs armes à l'appel de l'émissaire international Lakhdar.

Toutefois, des affrontements ont débuté vers 10H30 (07H30 GMT) autour de la base militaire de Wadi Deif, dans la périphérie de Maaret al-Noomane (nord-ouest), selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), qui s'appuie sur un réseau de militants et médecins.

L'armée a riposté en bombardant le village limitrophe de Deir Charqui, toujours selon l'OSDH.

"Il s'agit de la première violation de la trêve" a affirmé son chef Rami Abdel Rahmane, précisant à l'AFP que parmi les combattants rebelles figuraient des membres du Front islamiste al-Nosra, qui a revendiqué de nombreux attentats en Syrie et a catégoriquement rejeté la trêve.

En outre, deux personnes ont été blessées par la chute de six roquettes sur le quartier rebelle de Khaldiyé à Homs (centre), a ajouté l'OSDH

Armée et rébellion ont accepté jeudi d'observer à partir de vendredi et pendant les quatre jours de l'Aïd el-Adha, la fête du sacrifice, une trêve âprement négociée par le médiateur Lakhdar Brahimi, chaque partie se réservant toutefois le droit de riposter en cas de violation.

Le 12 avril, une première trêve négociée par Kofi Annan, le prédécesseur de M. Brahimi, avait volé en éclats au bout de quelques heures, même si les combats avaient baissé en intensité.

La télévision d'Etat a montré le président Bachar al-Assad priant dans une mosquée de Damas, souriant et décontracté, alors qu'il fait face à une révolte populaire devenue conflit armé qui a fait plus de 35.000 morts depuis mars 2011, selon l'OSDH.

Profitant de l'accalmie, des militants hostiles au régime ont manifesté après la prière de l'aube à Damas et dans tout le pays.

Selon l'OSDH, des rassemblements ont eu lieu à Raqa, dans le nord-est, où les forces de sécurité ont tiré des grenades lacrymogènes, et dans la province de Deraa (sud), notamment à Inkhel, où trois personnes ont été blessées par balles.

Selon des militants, des cortèges ont également défilé à Damas et dans sa banlieue, à Alep (nord) et sa région, à Deir Ezzor (est) et dans la province d'Idleb (nord-ouest), où des manifestants ont scandé à l'adresse de M. Assad: "Traître, lâche, tu as détruit la Syrie".

Contacté par téléphone en Turquie, le général Moustapha al-Cheikh, chef du commandement militaire supérieur de l'Armée syrienne libre (ASL), principale force d'opposition armée, a fait état de tirs contre des manifestants dans plusieurs régions.

"Empêcher les manifestations en ouvrant le feu est une violation de la trêve. Mais faisons preuve de plus de retenue que le régime car pour le moment nous voulons donner une chance à la trêve", a-t-il dit à l'AFP.

L'armée a annoncé jeudi soir qu'elle suspendrait ses opérations militaires pour l'Aïd, mais qu'elle riposterait "si les groupes terroristes armés continuent à tirer sur les civils et les forces gouvernementales (...) ou à utiliser des voitures piégées et des bombes". Le régime assimile rebelles et opposants à des "terroristes".

De leur côté, les insurgés se sont engagés à faire taire leurs armes "si l'armée syrienne en fait autant".

"Mais si elle tire une seule balle, nous répondrons avec cent balles", a avertit le général Cheikh, qui a admis ne pas parler au nom de tous les insurgés.

Au vu de la "méfiance" entre les deux camps, l'ONU a dit jeudi espérer "de tout coeur" que la trêve tienne, a indiqué un porte-parole, tout en reconnaissant "ne pas être certain" que cela arrive.

Sur le plan diplomatique, les Etats-Unis ont jugé "ridicules" les accusations de la Russie selon lesquelles ils coordonneraient la livraison d'armes aux rebelles, Washington reconnaissant toutefois de manière ambiguë un "travail de coordination" avec les pays armant l'opposition.

L'Arabie saoudite a de son côté expulsé trois employés du consulat de Syrie à Jeddah pour activités "incompatibles" avec leur mission consulaire.

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