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26/10/2012 01:56 EDT | Actualisé 25/12/2012 05:12 EST

Calme au début de la trêve en Syrie

Le calme régnait vendredi matin dans toute la Syrie après une nuit de combats, avec l'entrée en vigueur d'une trêve de quatre jours orchestrée par le médiateur international Lakhdar Brahimi à l'occasion de la fête musulmane de l'Aïd al-Adha.

Ce répit, qui peut être rompu à tout moment, intervient au lendemain d'une nouvelle journée de violences qui a fait, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), 116 morts à travers le pays, dont 35 dans la seule ville d'Alep.

La télévision d'Etat a montré le président Bachar al-Assad, qui apparaît rarement en public, priant dans une mosquée de Damas au premier jour de l'Aïd.

Assis en tailleur, il est apparu souriant et décontracté, alors qu'il fait face à un mouvement de contestation sans précédent depuis mars 2011, devenu conflit armé face à la répression et qui a fait plus de 35.000 morts, selon l'OSDH, basé en Grande-Bretagne et s'appuyant sur un réseau de militants et médecins.

Dans son prêche, l'imam menant la prière a appelé les Syriens "à cesser de se quereller car vous êtes tous frères". "Ne voyez-vous pas ce qui se passe depuis deux ans dans le pays, les destructions et la mort? Arrêtons ceci", a-t-il lancé.

Après la prière, M. Assad a pris le temps de parler avec des fidèles, triés sur le volet, embrassant certains et plaisantant avec d'autres.

L'armée régulière et la rébellion ont accepté jeudi d'observer à partir de vendredi et pendant les quatre jours de l'Aïd el-Adha, la fête du sacrifice, une trêve âprement négociée par l'émissaire de l'ONU, chaque partie se réservant toutefois le droit de riposter en cas de violation.

S'il est effectivement mis en place, il s'agira du premier cessez-le-feu à être respecté en Syrie. Le 12 avril, une trêve négociée par Kofi Annan, le prédécesseur de M. Brahimi, avait volé en éclats au bout de quelques heures, même si les combats avaient baissé en intensité.

L'armée a annoncé jeudi soir qu'elle suspendrait ses opérations militaires pour l'Aïd, mais qu'elle répondrait "si les groupes terroristes armés continuent à tirer sur les civils et les forces gouvernementales (...) ou à utiliser des voitures piégées et des bombes". Le régime assimile rebelles et opposants à des "terroristes".

De leur côté, les insurgés, qui avaient déjà donné leur accord au cessez-le-feu de M. Brahimi, se sont engagés à faire taire leurs armes "si l'armée syrienne en fait autant".

"Mais si elle tire une seule balle, nous répondrons avec cent balles", a avertit le général Moustapha al-Cheikh, chef du commandement militaire supérieur de l'Armée syrienne libre (ASL).

Il a toutefois admis ne pas parler au nom de tous les mouvements insurgés. De fait, le Front islamiste Al-Nosra, qui a revendiqué de nombreux attentats en Syrie, avait rejeté la trêve dès mercredi.

Au vu de la "méfiance" entre les deux camps, l'ONU a dit espérer "de tout coeur" que la trêve tienne, tout en reconnaissant "ne pas être certain" que cela arrive.

A la veille de la trêve, les rebelles ont gagné du terrain à Alep, la deuxième ville de Syrie en proie aux combats depuis trois mois, en pénétrant dans le quartier d'Achrafiyé, contrôlé par les forces kurdes et où jusqu'ici, par un accord tacite, ni les rebelles ni l'armée n'entraient.

Selon des résidents, près de 200 insurgés se sont déployés à l'aube dans ce secteur où vivent de nombreux réfugiés.

"Une cinquantaine d'hommes armés, vêtus de noir et portant sur le front des bandeaux avec des mots d'ordre islamiques, sont entrés dans une école près de chez moi", a affirmé un habitant.

"Je les ai entendus dire à des habitants: +Nous sommes venus pour passer l'Aïd chez vous+", a-t-il ajouté.

Un arrêt des combats et des bombardements apporterait un peu de répit à une population déjà durement éprouvée par les violences.

Le Haut Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) s'est dit prêt à envoyer, en cas de trêve, des colis d'aide à des milliers de familles dans des endroits jusqu'à présent inaccessibles.

Sur le plan diplomatique, les Etats-Unis ont jugé "ridicules" les accusations de la Russie selon lesquelles ils coordonneraient la livraison d'armes aux rebelles, Washington reconnaissant toutefois de manière ambiguë un "travail de coordination" avec les pays armant l'opposition.

L'Arabie saoudite a de con côté expulsé trois employés du consulat de Syrie à Jeddah pour activités "incompatibles" avec leur mission consulaire.

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