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25/10/2012 06:18 EDT | Actualisé 25/12/2012 05:12 EST

Washington s'inquiète pour un opposant russe enlevé en Ukraine

Washington a exprimé auprès de Moscou sa préoccupation au sujet d'un opposant russe qui affirme avoir été enlevé en Ukraine et ramené de force dans son pays, où il est détenu, a indiqué jeudi le département d'Etat en évoquant des aveux "forcés" et des "actes de torture".

"Nous avons fait part de notre préoccupation au gouvernement russe à propos du cas (Léonid) Razvozjaev", a déclaré la porte-parole de la diplomatie américaine, Victoria Nuland, confirmant ce qu'avait dit plus tôt à Moscou l'ambassade des Etats-Unis. "Nous sommes très inquiets après des allégations selon lesquelles il aurait été contraint d'avouer et aurait subi des actes de torture", a poursuivi la diplomate.

L'opposant russe du Front de Gauche Léonid Razvozjaev, placé en détention provisoire à Moscou et inculpé mardi de "préparation à l'organisation de troubles massifs", a raconté à des défenseurs des droits de l'homme avoir admis sa culpabilité sous la torture et assuré que sa famille avait été menacée.

M. Razvozjaev va officiellement contester vendredi sa déposition, faite sous la contrainte selon lui, a annoncé jeudi son avocat Mark Feïguine à l'agence de presse Interfax. L'opposant va également demander l'ouverture d'une enquête criminelle sur son "enlèvement" le 18 octobre à Kiev, en Ukraine, a-t-il ajouté.

Dans un récit publié par l'hebdomadaire New Times, l'opposant de 39 ans a affirmé avoir été poussé dans une camionnette alors qu'il marchait dans une rue de la capitale ukrainienne, où il était venu demander le statut de réfugié politique. Après plusieurs heures de route, il a été emmené dans la cave d'une maison où on lui a mis un masque et des menottes, avant d'être interrogé pendant trois jours, sans boire ni manger ni aller aux toilettes.

Le ministère russe des Affaires étrangères a exprimé sa "perplexité" après les déclarations de Washington, les jugeant "précipitées" et "déplacées".

Le Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) a également fait part de sa préoccupation quant au sort de M. Razvozjaev, qui bénéficie, selon cette organisation internationale, de la convention internationale des réfugiés de 1961 à laquelle ont adhéré la Russie et l'Ukraine.

Dans un communiqué jeudi, le HCR dit "souhaiter une clarification de la situation de M. Razvozjaev et de son statut auprès des autorités russes et demande également" à le voir. Le HCR a appelé les autorités ukrainiennes à protéger toutes les personnes qui déposent une demande d'asile.

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