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25/10/2012 06:43 EDT | Actualisé 25/12/2012 05:12 EST

Un prêtre qui négociait la libération d'un otage égorgé près de Damas

Un prêtre grec-orthodoxe qui essayait de négocier la libération d'un médecin chrétien dans la région de Damas a été retrouvé égorgé jeudi, selon des habitants et l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

"Le cadavre de Fady Haddad, enlevé vendredi dernier (le 19 octobre), a été retrouvé ce matin dans la province de Damas", a annoncé l'OSDH dans un communiqué.

Le père Haddad était le responsable de la paroisse Saint Elie à Qatana, une ville mixte islamo-chrétienne de 15.000 habitants située à 20 km à l'ouest de Damas. Selon un habitant, il a été retrouvé égorgé à proximité de la ville.

"Il était en train de négocier la libération d'un médecin chrétien avec les ravisseurs, qui réclamaient 50 millions de livres syriennes (660.000 dollars). Il avait réussi à réduire leurs exigences" de moitié, a-t-il raconté, sous couvert de l'anonymat.

Profitant de l'anarchie qui règne dans le pays en raison des combats opposant l'armée et des rebelles, la criminalité a connu une progression considérable en Syrie.

"Vendredi dernier, il a accompagné le beau-père du médecin pour verser la rançon, mais ils ont été enlevés à leur tour et les ravisseurs ont accru leurs exigences avant que le corps du prêtre ne soit retrouvé jeudi", a ajouté l'habitant.

Le patriarcat orthodoxe a condamné "ce crime sauvage" et dénoncé "les attaques contre les civils et les hommes de religion qui essaient d'être des messagers de la paix dans ces circonstances difficiles".

Il a appelé les organisations humanitaires et les citoyens "à condamner tous les crimes, les vols et ce qui nuit à la sécurité des citoyens".

Georges Sabra, porte-parole du Conseil national syrien, principale coalition de l'opposition, a accusé les nervis du régime d'être les auteurs du meurtre.

"Ce sont les chabbihas (miliciens pro-régime) et les nervis du régime qui ont enlevé le prêtre et qui l'ont tué. Il était un des symboles de l'union nationale", a-t-il affirmé dans un communiqué.

Le meurtre a suscité l'indignation à Qatana, où le prêtre était apprécié des chrétiens comme des musulmans et avait obtenu la libération d'autres personnes, selon les habitants. Fait rare dans un pays en proie à une guerre civile, la télévision officielle et les sites de l'opposition lui ont rendu hommage.

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